Le 26 avril est marqué par la journée de la visibilité lesbienne, un événement ayant pour but de mettre en avant les parcours inspirants, de célébrer la culture lesbienne et de lutter contre la lesbophobie. La question de la visibilité au travail est cruciale, car les lesbiennes sont souvent confrontées à diverses formes de violences et de discriminations.
Selon un article publié sur The Conversation, cette journée est d'une importance capitale, surtout dans le monde professionnel où les lesbiennes vivent une double invisibilité. En effet, elles sont largement absentes des discussions publiques et des représentations médiatiques. Cette absence peut pénaliser celles qui prennent conscience de leur orientation sexuelle tardivement; certaines lesbiennes rencontrées dans le cadre de cette enquête indiquent qu'elles ont d'abord construit une vie hétérosexuelle avant de se rendre compte qu'elles étaient lesbiennes.
De plus, une enquête réalisée par Autre Cercle révèle qu'un grand nombre de salariées lesbiennes choisissent de cacher leur orientation sexuelle au travail. 14 % déclarent qu'aucun de leurs collègues n'est informé de leur orientation, ce qui détériore significativement la qualité de leur vie professionnelle. Ces femmes partagent des stratégies de non-dénonciation qui peuvent devenir source de stress : 28 % d'entre elles ne dévoilent leur orientation qu'à un petit cercle de collègues préalablement jugés ouverts d'esprit.
Le coût du non-dénouement
Ce silence a un coût relationnel. De nombreuses lesbiennes se trouvent à éviter de partager des aspects de leur vie quotidienne, de peur que leur sexualité ne soit révélée. Une salariée témoigne qu'elle a dû demander à sa compagne de ne pas lui tenir la main en public, de crainte que certains collègues ne soient pas au courant de sa situation. Cela démontre à quel point le milieu de travail peut devenir un espace d'angoisse pour celles qui ressentent le besoin de se cacher.
Violences et discriminations accrues
Cette invisibilité trouve son origine dans une surexposition aux violences et aux discriminations. L'enquête indique que 10 % des salariées lesbiennes déclarent avoir subi des violences physiques dans leur entreprise, contre 3 % parmi les salariées hétérosexuelles. Les violences psychologiques ne sont pas en reste, avec 23 % des lesbiennes faisant état d'expériences d'agressions verbales ou comportementales.
Les récits de violences subies révèlent également des micro-agressions et une lesbophobie ambiante. Sarah, une enseignante, explique avoir déjà entendu des élèves exprimer des sentiments négatifs envers une personne simplement parce qu'elle est gay, illustrant ainsi la manière dont l'homophobie peut s'ancrer dans l'esprit des jeunes et se propager à tous les niveaux.
Des résultats professionnels surprenants
Fait étonnant, malgré ces difficultés, les salariées lesbiennes semblent mieux réussir en termes de carrière que leurs homologues hétérosexuelles. Près de 44 % des femmes lesbiennes font état de responsabilités managériales, une proportion supérieure à celle des salariées hétérosexuelles. Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'elles ne subissent pas les mêmes standards de genre, se trouvant souvent dans des couples plus égalitaires en matière de répartition des tâches domestiques.
Cette enquête met en lumière la nécessité pour les organisations de ne pas ignorer les enjeux relatifs aux salariées lesbiennes, en intégrant leur visibilité dans les politiques d’égalité femmes-hommes tout en affirmant une politique de zéro tolérance à l'égard de toutes formes de discrimination. C'est une voie à explorer pour garantir un espace de travail respectueux et inclusif pour toutes.
Pour en savoir plus concernant cette recherche, consultez le site de l'ANR qui soutient des projets de recherche innovants en France.







