Selon l’agence de presse Bloomberg, le constructeur Stellantis, qui détient les marques Fiat et Jeep, est en discussions avec Dongfeng Motor Corporation, le deuxième constructeur automobile chinois. L'objectif serait de céder ou partager quatre usines à travers l'Europe. Parmi les sites ciblés figurent les usines de Madrid, Cassino en Italie et La Janais, près de Rennes, qui emploie environ 2,000 personnes.
Des délégations de Dongfeng ont récemment visité ces sites, suivant une rencontre au début du mois d'avril, selon des informations partagées par plusieurs médias, dont Le Télégramme. Cette visite correspond à des discussions sur un possible partenariat pour relancer une production conjointe tant en Europe qu'en Chine.
"La visite de Dongfeng intervient alors que les deux entreprises examinent la possibilité de relancer un partenariat, incluant une production conjointe".
Il est à noter qu'une coentreprise précédente entre Stellantis et Dongfeng en Chine a rencontré des difficultés. Par ailleurs, d'autres fabricants chinois semblent être intéressés par les usines de Stellantis, ce qui pourrait conduire à des accords distincts.
Les discussions actuelles portent sur des options permettant d'optimiser les installations en échange d'un accès à la technologie, stipulent les sources. La possibilité de vendre une ou plusieurs usines n'est pas exclue, d'après Bloomberg.
Pour l'heure, Stellantis n'a pas pris de décision définitive. Le groupe a indiqué mener des discussions avec divers acteurs du secteur sur différents sujets, mais il refuse de commenter les rumeurs.
Un nouvel enjeu pour l'industrie européenne
Actuellement, Stellantis exploite 20 sites d'assemblage en Europe, où il est le second constructeur, juste après Volkswagen. Toutefois, il fait face à des surcapacités de production, avec un taux de charge s'élevant à seulement 50 % selon Bloomberg. Ceci a conduit à des interrogations concernant la pérennité de certains sites, comme celui de Rennes, qui fabrique le nouveau Citroën C5 Aircross.
"On tombe tous de l'armoire", a réagi Laurent Valy, délégué syndical CFDT, lorsqu’il a été informé des discussions actuelles.
Bernard Jullien, chercheur en économie à l'Université de Bordeaux, a déclaré :
"La tentation de vendre à des constructeurs chinois pourrait permettre de préserver certains emplois européens, mais les conséquences sur les fournisseurs seraient énormes".
Les discussions se déroulent également dans un contexte de grèves sur certains sites, avec des craintes suite à l'annonce de l'arrêt de la production à Poissy, site historique de Peugeot, prévu pour 2028. Les futurs changements devraient entraîner des suppressions d'emplois et affecter des fournisseurs tels que Lear Corp. et Forvia SE.
Dans les semaines à venir, Stellantis devrait également présenter son nouveau plan stratégique, orchestré par Antonio Filosa, nommé DG il y a près d'un an.







