Des dysfonctionnements alarmants révélés à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris

Une enquête accablante met en lumière le traitement inhumain des patients en détention.
Des dysfonctionnements alarmants révélés à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris
La préfecture de police de Paris. (Illustration) - AFP
Après une visite début mars au sein de cette structure unique en France, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté publie ce vendredi 24 avril un rapport accablant. Le document dénonce un manque de contrôle sévère ainsi que des pratiques humiliantes infligées aux patients.

Dans un rapport récemment publié, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a mis en lumière des "dysfonctionnements majeurs" au sein de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP). Ce rapport fait suite à une visite effectuée début mars et qui a révélé de graves atteintes à la dignité des patients, maintenus dans un lieu d'enfermement sans le contrôle adéquat de l'autorité compétente.

Une absence de contrôle alarmante

Établissement unique en France, l'infirmerie est rattachée à la préfecture de police et dépend donc du ministère de l'Intérieur. Ce statut particulier soulève des inquiétudes, car il l'exempte des obligations de contrôle imposées aux structures de santé recevant des patients en soins psychiatriques sans consentement, rappelle le CGLPL.

"Aucune autorité sanitaire ni judiciaire n'exerce de contrôle régulier sur son fonctionnement," souligne le Contrôleur, qui avait déjà fait état de cette situation dès sa première visite en 2009.

De surcroît, le CGLPL dénonce l'arbitraire des placements de patients en soins sans consentement. Les certificats médicaux et les recours juridiques ne sont pas informés aux patients, entravant ainsi sérieusement leur accès à la justice. "L'absence d'accès à un avocat commis d'office est également préoccupante," a-t-il ajouté dans ses recommandations.

Des pratiques inhumaines révélées

Avec quatorze places pour un accueil optimal de douze personnes, les conditions de vie au sein de l'infirmerie sont jugées indignes. Les patients sont confrontés à des traitements standardisés, souvent sans tenir compte de leur âge, sexe ou état de santé. Les pratiques de privation de sous-vêtements, de téléphones et même d'accès aux douches sont généralisées.

Le rapport rappelle que la présence des surveillants pendant les soins constitue une atteinte à la confidentialité médicale et à la relation de confiance essentielle à toute démarche thérapeutique. Ces conditions de vie portent une grave atteinte à la dignité humaine.

Enfin, les méthodes d'isolement et de contention sont qualifiées d'illégales et de dégradantes, certaines s'apparentant à des techniques réservées aux animaux. Le CGLPL avertit que de telles pratiques sont indignes du respect minimal dû à chaque individu.

L’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, fondée en 1872, accueille des individus amenés par la police pour une évaluation psychiatrique dans des contextes souvent délicats. En 2025, pas moins de 1.456 admissions y ont été enregistrées.

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