Mathias Bernard, le président de l'université Clermont Auvergne (UCA), exprime fermement son désaccord face à la hausse des frais d'inscription pour les étudiants venant de pays hors de l'Union européenne. Cette décision, annoncée par le ministre de l'Enseignement supérieur, pourrait avoir des répercussions considérables sur l'attrait de l'enseignement supérieur en Auvergne et plus largement en France.
Des craintes pour l'attractivité académique
Selon Mathias Bernard, appliquer des frais majorés pour les étudiants non européens constituerait un risque significatif : cela pourrait fragiliser l'accès aux formations et diminuer l'attractivité de l'établissement. L'UCA accueille chaque année près de 5000 étudiants internationaux, dont une majorité viennent d'Afrique subsaharienne, du Maghreb et du Moyen-Orient. Pour ces populations, où le revenu annuel médian des foyers est souvent faible, les nouveaux tarifs pourraient être inaccessibles. "À l’UCA, appliquer de manière systématique ces droits majorés reviendrait à fragiliser immédiatement l’accès aux formations", a-t-il déclaré.
Bernard souligne que cette réforme pourrait également dissuader des étudiants potentiels, aggravant ainsi une situation déjà critique où de nombreux candidats hésitent entre différentes destinations.
Une menace pour la recherche et l'égalité d'accès
Mathias Bernard met également en lumière une autre problématique : l'impact sur le dynamisme de la recherche. La majorité des étudiants internationaux à l'UCA sont inscrits en master et doctorat. Restreindre leur accès par des obstacles financiers compromettrait le renouvellement scientifique et le rayonnement académique de l'institution.
Il critique en outre le principe même de cette décision, arguant qu'elle rompt avec celui du service public universitaire : "L’accès à l’enseignement supérieur doit reposer sur le mérite et le projet d’études, et non sur la nationalité ou des critères financiers. Faire payer beaucoup plus cher à certains étudiants pour un même diplôme national introduit une inégalité de traitement inacceptable".
En conclusion, le président de l'UCA considère que la généralisation des droits différenciés constituerait une "faute politique, académique et territoriale". Cette position trouve un écho auprès de nombreux acteurs du milieu universitaire, préoccupés par les conséquences potentielles de telles décisions sur l'internationalisation des campus français.







