La nouvelle plaza, s’inspirant à la fois des arènes de Toulouse et de Dax, combine modernité et élégance. Son architecte, Jean Dupuy, passionné de tauromachie, a veillé à offrir un confort optimal au public tout en aménageant divers services tels que toril, chapelle et infirmerie.
Avec environ 1 600 m² de ciment et 180 tonnes d’acier, Dupuy a créé des gradins pouvant s'étirer sur 8 kilomètres. Les travaux, entamés le 11 novembre 1953, ont été achevés juste à temps pour l'inauguration, malgré des complications administratives. Quoi qu'il en soit, l'optimisme de M. Barrière est resté intact alors même que le premier paseo approchait.
Un spectacle coloré a vu le jour, avec une amazone andalouse et des cavaliers entourant des calèches décorées. Les arènes ont depuis longtemps été un lieu de rassemblement culturel où se croisaient Français, Espagnols et Arabes. Le premier événement de corrida a rassemblé une foule enthousiaste, bien que le vent frais ait un peu gâché la fête.
Le charme et l atmosfera des arènes ont fait une impression durable, renforcée par un orchestre vibrant jouant des pasodobles toreros. Malgré les années passées, l'engouement pour la tauromachie perdure, et la major partie du public oranais a rapidement adopté les coutumes des spectacles taurins.
Un fort enthousiasme
Dès le premier spectacle, la ferveur était palpable. Certains spectateurs espagnols, habitués depuis longtemps aux corridas, ont su donner de la vie à l'événement, créant une ambiance unique. Cependant, un détail révélateur fut les sifflets que reçurent les picadors, peu appréciés pour leur technique controversée.
Des innovations surprenantes
Un autre moment mémorable fut la distribution, demandée par les fans, des oreilles de toros aux matadors. Bien que symboliques, elles ajoutèrent un intérêt particulier aux rituels. Les autorités présentes ont même proposé des filets de toro, un délice qui a ravi tous les convives.
Cette ouverture sur la tauromachie était bien plus qu'un simple spectacle. Les débats et les discours, notamment celui du matador Domingo Ortega, ont enrichi l'événement, offrant une perspective fascinante sur l'évolution de l'art de la tauromachie.
(1) Jean Dupuy, l'architecte, était également le père du célèbre journaliste Pierre Dupuy.
Cette célébration taurine à Oran témoigne d'une époque et d'une culture encore ancrées dans les mémoires, capturant l'essence même de l'aficion.







