Une quinzaine de membres de la Confédération paysanne ont mené une action forte au supermarché Intermarché de Crest, ce vendredi 3 avril, pour alerter sur les menaces pesant sur la filière ovine française. Ils ont exprimé leur inquiétude face à l'importation de viande d'agneau provenant d'Australie, qui pourrait s'intensifier à la suite de l'accord de libre-échange récemment signé entre l'Union Européenne et ce pays.
La scène était frappante : quelques brebis sur le parking d'une grande surface pour rappeler la réalité des éleveurs locaux. À l'intérieur, des membres de la Confédération ont inspecté la provenance de l'agneau, un produit prisé pour les fêtes de Pâques. Ils ont constaté une disparité alarmante dans les prix, révélatrice des distorsions causées par la concurrence étrangère. Par exemple, le gigot australien est affiché à 13,29 € le kilo, soit pratiquement deux fois moins que son équivalent drômois.
Vincent Platera, porte-parole de la Confédération paysanne de la Drôme, a commenté cette situation : "En Australie, la viande est traitée comme un sous-produit de la filière ovine. Cela entraîne des élevages en masse où le bien-être animal est peu respecté. Cette viande générique vient donc inonder nos étals, rendant impossible la concurrence pour nos producteurs locaux." Son inquiétude s'est accrue suite à l'accord de libre-échange, qui doit encore être validé par le Parlement européen.
Des accords commerciaux en dépit du bon sens
Platera a poursuivi en soulignant que l'importation de produits étrangers détruit à la fois l'agriculture locale et nuit à l'environnement, plaidant pour un approvisionnement plus local. Olivier, un éleveur de Divajeu, renchérit qu'une sortie des traités de libre-échange est essentielle pour garantir des prix justes et viables pour les éleveurs.
Les conséquences ne se limitent pas aux producteurs, comme le souligne Margot, éleveuse de brebis à Glandage. Elle craint que la surabondance de viande bon marché ne dissuade les consommateurs d'acheter de l'agneau local, impactant ainsi toute la filière ovine. Pour éveiller les consciences, des tracts et des autocollants sur les viandes importées ont été répartis devant le supermarché.







