Le ministre de l'économie, Roland Lescure, a pris la décision le 3 avril d'écrire à la Commission européenne afin de demander l'ouverture d'une enquête sur les marges réalisées par les raffineries à travers le continent. Cette démarche intervient à la suite des accusations formulées par Thierry Cotillard, le président d'Intermarché, envers TotalEnergies, jugée responsable d'un bénéfice dépassant le milliard d'euros.
« J'ai adressé une lettre à la Commission européenne pour lui demander d'enquêter sur les marges dans les raffineries européennes afin d'assurer qu'il n'y ait “pas d'abus” », a-t-il déclaré sur France 5, lors de l'émission C à vous. Il a ajouté que des vérifications concernant les marges des distributeurs avaient déjà été effectuées sans révéler d'anomalies. Triple A, le média indépendant, évoque la pression croissante sur le gouvernement en raison de l'augmentation constante des prix des carburants, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient.
Une hausse des prix à la pompe
Face à cette situation préoccupante, plus de 630 stations-service ont été inspectées dans le cadre d'un programme gouvernemental, révélant que 5 % d'entre elles avaient reçu des sanctions pour abus constatés, comme l'a rapporté la répression des fraudes le 12 mars.
Les déclarations de Thierry Cotillard sur RTL, où il a exhorté le gouvernement à convoquer les raffineurs, y compris TotalEnergies, pour expliquer un achat « à bon prix » de « 70 cargaisons » de pétrole, a accentué l'urgence de la situation. Les informations relayées par le Financial Times indiquent que TotalEnergies aurait pu acquérir presque toutes les cargaisons adéquates au Moyen-Orient, en évitant le passage par le détroit d'Ormuz. Cela aurait généré, selon les analyses, un bénéfice impressionnant d'un milliard de dollars pour le géant pétrolier britannique.
Pour sa part, TotalEnergies n'a pas encore confirmé ni démenti ce montant. Se défendant de toute malversation, le ministre a précisé qu’il avait déjà échangé avec différents raffineurs, y compris le PDG de Total, tout en soulignant qu'une approche au niveau européen était nécessaire pour aborder correctement ces questions, sans blâmer uniquement une entreprise en particulier. Les voix d'experts et d'analystes s'élèvent pour dire que ces enquêtes pourraient clarifier la situation, mais aussi susciter des modifications dans la réglementation du secteur.







