José Schruoffeneger, maire de Moosch, une commune de 1 621 habitants dans le Haut-Rhin, a pris une décision surprenante : inscrire cinq génisses à l'école élémentaire du village. Une initiative ironique pour s'opposer à la fermeture d'une classe à la rentrée prochaine.
Dès le lundi 30 mars, l'édile a vu son action devenir virale. Abondance, Amandine, Abeille, Arlette et Amsel sont devenues les héroïnes d'une affaire qui dépasse le cadre local. En prévision de la rentrée, 96 enfants sont attendus, mais pour maintenir les cinq classes existantes, le DASEN nécessitait un minimum de 100 élèves.
« C'était de l'humour au cinquième degré », explique José Schruoffeneger. « Nous n'imaginions pas que nos génisses feraient le tour de France. Cette action met en lumière un enjeu éducatif majeur. » En effet, peu après le lancement de cette initiative décalée, un mouvement de grève a eu lieu dans les écoles, réclamant la préservation de 4 000 postes menacés.
« L'éducation nationale est gouvernée par des comptables »
La situation de Moosch illustre un problème plus vaste lié à la dégradation de l'école publique. L'ancien professeur de collège souligne l'impact humain de ces fermetures : « Une institutrice va perdre son poste, et on ignore qui cela sera. Quel état d'esprit cela génère-t-il ? » poursuit-il.
Pour Schruoffeneger, réduire les budgets au détriment de l'éducation est incompréhensible. « L’école doit être sanctuarisée. La ruralité est déjà négligée ; dégrader les conditions d'apprentissage de nos enfants est une violence », déclare-t-il, ferraillant contre une gestion qu'il perçoit comme comptable plutôt que pédagogique.
Possibilité de fermeture de classe confirmée ce jeudi
En tant que maire depuis 2001, José Schruoffeneger craint l'extension de ces fermetures d'établissements dans sa commune. Au cours des quarante dernières années, la France a enregistré la fermeture de 17 616 écoles, selon le ministère de l'Éducation.
La voix de Moosch résonne dans d'autres localités. « J'ai reçu des appels de maires des Hautes-Pyrénées, du Cher voire de Savoie, qui envisagent d'imiter notre action », confie-t-il. Initialement, ils pensaient inscrire des poules, mais les vaches ont finalement remporté le plus de visibilité.
Malgré l’humour de la situation, une mauvaise nouvelle attend la communauté : « La fermeture de classe a été confirmée aujourd'hui, alors que la décision n'était pas encore arrêtée. Nous continuerons à nous battre car notre combat est légitime », conclut le maire avec détermination.







