Le leader des Républicains, Bruno Retailleau, a pris une position audacieuse à Nice en désavouant le maire sortant, Christian Estrosi, qui se retrouve en mauvaise posture au second tour face à Eric Ciotti, le candidat soutenu par le Rassemblement national (RN). Cette décision ravive le débat sur l'unité des droites et soulève des questions sur les futures alliances.
Le scrutin fait déjà parler de lui : Retailleau a laissé le choix aux électeurs de Nice, les incitant à voter en « leur âme et conscience » entre Estrosi, arrivé deuxième avec 31% des voix, et Ciotti, le grand favori avec 43% des suffrages. Ce dernier, ancien président de LR et désormais à la tête de l'Union des droites (UDR), s'est également entouré de transfuges de droite.
Dans une déclaration visant à expliciter sa position, l'ancien ministre de l'Intérieur a dénoncé une "campagne délétère" qui, selon lui, ne reflète pas ses valeurs. Il a en particulier reproché à Estrosi son recours à la gauche et au communautarisme pour tenter de redresser la situation électorale.
Ce revirement est surprenant dans la mesure où les Républicains et Horizons, le parti d'Edouard Philippe, avaient convenu d'une alliance à Nice. Cependant, ce n'est pas un cas isolé, car des tensions similaires se sont manifestées dans d'autres villes, comme à Strasbourg, où le candidat Horizons a choisi de s'allier avec la gauche contre le candidat LR.
Sur le réseau social X, Retailleau a précisé que l'accord avec Horizons était toujours d'actualité, mais son refus de soutenir Estrosi témoigne d'un climat politique difficile. Des figures de la droite, comme Michel Barnier et Xavier Bertrand, ont exprimé leur mécontentement, dénonçant le soutien perçu comme un "coup de couteau dans le dos" pour Estrosi.
Un cadre des Républicains a qualifié cette décision de "double faute", soulignant que cela pourrait nuire à la position de LR dans un département où le RN prend de l'ampleur. La réaction d'Eric Ciotti, se félicitant du soutien de Retailleau, en dit long sur les fractures internes au sein du parti.
Les déclarations de Retailleau sont symptomatiques d'une ambiguïté persistante de la droite française face à l'extrême droite. Il a par ailleurs salué le retrait de la candidate RN à Paris, ce qui pourrait bénéficier à la candidate LR Rachida Dati. Ces positions contradictoires renforcent les craintes sur l'avenir des alliances à droite.
À l'heure où la France traverse des turbulences politiques, la question des alliances et des positionnements des partis devient cruciale. Retailleau a d'ailleurs adopté une posture ferme en écartant toute alliance avec le RN, affirmant que des membres de son parti seraient exclus s'ils s'engageaient avec l'extrême droite.







