La Chambre des députés du Paraguay a approuvé mardi, à l'unanimité, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Avec cette ratification, le Paraguay devient le dernier membre du bloc sud-américain à signer cet accord tant attendu.
En effet, la ratification de cet accord, qui symbolise la création de la plus vaste zone de libre-échange au monde, entre les 27 pays de l'UE et les membres du Mercosur, est considérée comme une avancée significative. Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay avaient déjà donné leur accord dans le cadre de ce traité, signé en janvier à Asuncion, et qui a nécessité pas moins de 25 ans de discussions.
Un document historique
Juan Manuel Añazco, député paraguayen, a qualifié cet accord de « document historique », notant que près de 93 % des exportations du Mercosur bénéficieront d'accès sans droits de douane en Europe. Santiago Peña, le président du Paraguay, a également souligné l'importance stratégique de ce traité dans un contexte mondial marqué par des tensions.
« Promouvoir la coopération entre des régions partageant des valeurs et une vision ouverte au commerce international envoie un signal très important au monde », a-t-il déclaré lors d'un récent forum de la Banque interaméricaine de développement (BID).
Avec cet accord, une zone de libre-échange représentant 30 % du PIB mondial est établie, touchant plus de 700 millions de consommateurs. Cela doit permettre à l'Union européenne d'exporter plus de produits tels que voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine, tout en facilitant l'entrée sur le marché européen de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja d'Amérique du Sud.
Cependant, cet accord suscite des inquiétudes parmi ses détracteurs, qui craignent qu'il n'impacte négativement l'agriculture européenne en introduisant des produits moins chers, souvent en dehors des normes de l'UE, faute de contrôles adéquats.
En janvier, un vote du Parlement européen avait suspendu l'application de l'accord, poussant les élus à demander des vérifications quant à sa conformité avec les règlements européens. Néanmoins, fin février, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé que l'accord serait appliqué de manière provisoire, une option qui a rencontré des critiques en France, où il est perçu comme une menace pour les agriculteurs.







