Une proposition de loi examinée ce lundi 16 février à l'Assemblée nationale a suscité de vifs débats parmi les députés. Un élu, Paul Midy, du parti Ensemble pour la République, a suggéré l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) pour surveiller les commerces et prévenir le vol. Cette technologie permettrait d'identifier des comportements suspects en temps réel et d'envoyer une alerte via une vidéo courte, pouvant ainsi protéger les biens des commerçants.
Ce dispositif pourrait marquer un tournant pour les commerçants, qui luttent contre un fléau croissant. En effet, selon le collectif "Ras le vol", plus de 80 % des commerçants auraient été victimes de vol en 2024. "C'est simple à mettre en place, et cela pourrait réduire le vol de 20 à 50 %", affirme le député, soulignant l'importance de soutenir les détaillants face à des coûts élevés liés à la criminalité.
Cependant, la question des données personnelles reste centrale dans ce débat. Comme l’a rappelé Nathalie Devillier, experte Éthique et droit de l’IA à l’Unesco, les règles doivent être précises. La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) a déjà émis des recommandations strictes, interdisant par exemple l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les supermarchés et limitant l'usage de l'IA à des zones spécifiques. "Les données recueillies ne doivent pas être réutilisées à des fins de marketing ou de profilage", a-t-elle précisé.
Pour certains citoyens, l'idée de surveiller les comportements dans les magasins peut paraître rassurante. "Je suis plutôt favorable à cette avancée technologique, elle peut vraiment aider les supermarchés à gérer la sécurité", a confié une passante. Toutefois, d'autres expriment des inquiétudes. "C'est très intrusif, et qui définit ce qui est un comportement suspect ?", s'interroge une autre cliente.
Ce débat témoigne de l'équilibre délicat entre innovation technologique et respect des droits individuels. Avec la législation qui pourrait influencer les pratiques commerciales, l'avenir de la surveillance algorithmique dans les commerces est incertain. La discussion doit se poursuivre pour définir les limites de cette technologie tout en assurant la protection des commerçants.







