Depuis l'année 2010, 177 millions d'euros ont été investis dans la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant Pau à Canfranc. Cependant, le segment le plus coûteux reste à réaliser, soit la liaison entre Bedous et Canfranc.
Quelles sont les prévisions de coûts pour ce projet d'envergure ? À ce jour, 177 millions d'euros ont été engagés, comprenant 10 millions de fonds européens ayant contribué à financer trois études onéreuses menées entre 2016 et 2022. Les 33 kilomètres reliant Bedous à Canfranc pourraient augurer des dépenses bien supérieures aux attentes.
Investissements passés et prévisions à venir
En 2010, dans le cadre du contrat plan État-Région, 35 millions d'euros ont été alloués à la modernisation du tronçon entre Pau et Oloron, encore opérationnel après l'arrêt de la ligne en 1970 en raison d'une tragédie ferroviaire.
La réhabilitation des 24,7 kilomètres entre Oloron et Bedous a nécessité un investissement de 96 millions d'euros en 2016, mais la Région indique que le chiffrage total est encore en processus de consolidation, visant originellement 120 millions.
Le dernier tronçon entre Bedous et Canfranc pose des défis financiers. Selon un rapport de la Chambre régionale des comptes, le simple débroussaillage de cette section montagneuse a coûté un million d'euros. En 2016, un chiffrage anticipé plaçait la réhabilitation à 450 millions d'euros, avec 20 millions supplémentaires pour la partie française du tunnel du Somport. Actuellement, la Région n’a pas divulgué d'estimation mise à jour, soulignant que les chiffres sont en cours de validation.
Bernard Uthurry, le maire d'Oloron, qui a joué un rôle clé en tant que vice-président en charge du dossier, évoque un budget final qui pourrait s'élever à près de 800 millions d'euros. Même s’il précise que ce montant n’est pas officiel, il souligne la nécessité d'un amortissement étalé sur un siècle, tout en comparant les coûts d'entretien d'une telle infrastructure ferroviaire aux frais liés aux routes de montagne, néfastes pour l'environnement et la sécurité routière.
L'optimisation des coûts est une priorité, indique la Région, soulignant la confiance dans les estimations d’une collaboration avec SNCF Réseau.
Sur le plan de l'Union Européenne, le projet semble recevant un soutien dans le cadre de son mécanisme d'interconnexion, bien que la pérennité de ce soutien reste à confirmer. Les CHF* hérités du passé ainsi que les leçons de l'histoire demeurent au cœur de cette ambition ferroviaire.
En somme, alors que les espoirs de réouverture de la ligne pour 2032 persistent, le chemin reste semé d'embûches tant au niveau financier qu'administratif.







