Conformément à une promesse du président Emmanuel Macron faite à Ouagadougou en 2017, le Sénat a adopté une loi-cadre visant à organiser la restitution de biens acquis de manière « illicite » durant la période coloniale. Cette nouvelle législation répond aux nombreuses demandes de restitution émises par divers pays, notamment des objets emblématiques tels que le tambour Djidji Ayokwe, récemment rendu à la Côte d'Ivoire.
Avec l'unanimité des sénateurs, le projet de loi a franchi un nouvel obstacle législatif et est maintenant à l'étude à l'Assemblée nationale. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a salué cette initiative comme un moyen de renforcer les liens culturels entre la France et le reste du monde, soulignant que la loi représente une occasion historique pour éradiquer le « fait du prince » et instaurer une méthode plus rigoureuse de restitution des œuvres.
Historique, cette approche vise à pallier les retards accumulés dans le retour des objets culturels, qui étaient auparavant soumis à des procédures complexes et longues. En 2023, le rapport du Sénat a identifié de nombreuses demandes de restitution en provenance de pays comme le Mali et l'Algérie, qui réclament des effets personnels et des pièces de trésor emblématiques.
Critiques et experts, comme Mathilde Ollivier, appellent à une sincère reconnaissance des responsabilités coloniales de la France, en revendiquant que la loi ne doit pas effacer notre histoire, mais l’accueillir dans toute sa complexité. La sénatrice souligne : "Tout renvoie à un système colonial qui a facilité l'extraction de biens culturels".
Les procédures de restitution favoriseront également une démarche plus structurée avec la création d’une « commission nationale permanente » pour évaluer le caractère illicite des biens revendiqués. Ce changement est crucial, car des lois précédentes permettaient principalement des restitutions ad hoc, souvent influencées par des considérations diplomatiques spécifiques.
Enfin, alors que la France se voit parfois contrariée par des relations tendues avec certaines de ses anciennes colonies, cette loi-cadre pourrait constituer un pas vers la réconciliation et le renforcement des liens bilatéraux, tout en permettant à la France de naviguer avec prudence entre la reconnaissance de son passé colonisateur et les attentes actuelles de ses anciennes colonies.







