Le RN est convaincu d'avoir désormais les ressources humaines nécessaires. Mais le doute persiste.
Depuis sa création, le Rassemblement National (RN) se heurte à une problématique récurrente de ressources humaines et d’engagement au sein des réseaux de l'État. La question est d’autant plus pressante alors que le parti d’extrême droite se positionne pour remporter l’élection présidentielle. Si, par exemple, Marine Le Pen parvient au pouvoir, la machine étatique sera-t-elle capable de fonctionner sans accroc ?
Le RN ne cesse de mettre en avant des profils de hauts fonctionnaires appartenant à ses rangs, affirmant que ses équipes se sont effectivement enrichies. Le cercle des Horace, un groupe de conseillers de Marine Le Pen dirigé par l’ancien préfet André Rougé, regroupe magistrats, diplomates et hauts fonctionnaires. Toutefois, des voix en interne suggèrent que ces recrues, souvent en fin de carrière, sont loin d’être prêtes à occuper des postes décisionnels.
Une démission en masse des hauts fonctionnaires ?
Un nouvel acteur entre en scène pour renforcer les liens du parti : Ambroise de Rancourt, directeur de cabinet de Marine Le Pen. Bien ancré dans des milieux peu favorables aux idées lepénistes, son rôle est de coordonner divers groupes de hauts fonctionnaires pour élaborer le programme du RN et préparer une potentielle prise de pouvoir.
Une inquiétude grandissante émerge : celle d’une démission en masse des hauts fonctionnaires si Marine Le Pen venait à être élue. Ce sujet, devenu presque comique au sein du parti, a été évoqué par la députée RN Laure Lavalette, qui plaisantait : "C’est sûr que si on arrive au pouvoir, certains seront sous antidépresseurs." Cependant, Jordan Bardella reste confiant, assurant que l’administration se conformera. "Il y a toujours des gens prêts à nous remplacer. Quand un Français sur deux vote RN, il est illusoire de penser que nous n’avons pas d’alliés dans l'État" ajoute-t-il.
Thomas Ménagé, député du Loiret, a évoqué en 2024 qu’il avait reçu de nombreuses invitations à dîner de la part de membres de la Cour des comptes, lequel il interprète comme un signe d’évolution sociologique au sein du RN. "Les anciens, on ne les aura pas, mais les nouveaux, les administrateurs de l’Assemblée et les juges administratifs, on les connaît. Le RN est devenu plus populaire et plus diversifié, cela a facilité les relations avec ces profils," dit-il. Cependant, certains membres plus sceptiques alertent sur un véritable problème de ressources humaines, illustrant le besoin urgent de talents comme des directeurs de cabinet et autres postes clés pour garantir la gouvernance efficace du parti en cas d'accession au pouvoir.







