L'Assemblée nationale est à un tournant crucial. Elle s'apprête à donner son feu vert à la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir, un engagement pris par Emmanuel Macron durant son second mandat.
Malgré les oppositions marquées du Sénat, où le texte a été rejeté à trois reprises, le mot final revient aux députés. Ils avaient donné, le 30 juin dernier, un avis favorable lors d'une troisième lecture, espérant ainsi voir une avancée significative au sein de la Constitution. Si tout se passe comme prévu, la loi pourrait être adoptée aujourd'hui, un texte dont la genèse remonte à 2022, retardée par la dissolution de l'Assemblée.
Dans une interview accordée à BFM, Jonathan Denis évoque cette lutte historique :
Êtes-vous confiant avant ce vote décisif ?
Nous avons bon espoir. Avec trois votes positifs à l'Assemblée, ce parcours part d'un profond travail de démocratie amorcé il y a cinquante ans. Ce serait une avancée notable, bien que nos dispositions soient plus strictes comparées à d'autres pays ayant déjà légalisé l'aide à mourir.
Il est essentiel maintenant de mettre rapidement en application cette loi pour répondre aux aspirations des Français qui souhaitent choisir leur départ, sans devoir s'exiler pour cela.
Comment cette loi se compare-t-elle à celles de nos voisins européens ?
Il est vrai que certains aspects de notre législation sont plus restrictifs. Nous faisons face à des exigences telles que la phase avancée de la maladie ou des souffrances psychologiques, des critères qui ne sont pas requis dans d'autres législations. Notre loi varie d'une approche permettant l'incurabilité ou des souffrances insupportables. J'appelle à des révisions et améliorations futures.
Comment avez-vous vécu ce marathon parlementaire ?
Ce fut une montagne russe d'émotions. La résilience est essentielle, surtout en pensant aux malades qui demeurent en première ligne. Les débats ont été souvent teintés de tensions, avec des oppositions farouches qui ont parfois occulté la voix de ceux qui sont directement affectés par ces décisions.
Quelles sont vos attentes si la loi est adoptée ?
Il sera crucial que cette loi soit promulguée rapidement. Des groupes de travail vont se constituer pour établir les protocoles et les décrets d'application nécessaires. Nous espérons pouvoir voir cette loi appliquée d'ici la fin de l'année 2026, idéalement avant les élections de 2027.
Il est à mon sens impensable de revenir sur cette avancée dans vingt ans. Comme on le constate dans les pays ayant déjà adopté cette législation, la majorité des citoyens en reconnaissent l'importance au fil du temps.
Redoutez-vous une intervention du Conseil constitutionnel ?
Bien que la vérification de la conformité constitutionnelle soit légitime, je considère que ce serait désolant si c'était utilisé pour bloquer l'avancée de ce droit. Gérard Larcher, en tant que figure de la droite conservatrice, représente une opposition qui pourrait faire obstacle à cette évolution sociétale nécessaire.
Que diriez-vous à ceux qui restent sceptiques ?
Je leur rappellerais que cette loi ne contraint personne. En effet, près de 90% des Français soutiennent ce droit. Nous ne demandons que de permettre cette option et non d'imposer un choix. Les Français méritent la liberté de choisir leur destin sans coercition.







