Le mardi dernier, l'Assemblée nationale a validé en première lecture le projet de loi sur la justice criminelle défendu par Gérald Darmanin, garde des Sceaux. Ce texte vise principalement à désengorger les tribunaux, mais a suscité de vives critiques concernant l'abandon d'un dispositif controversé de « plaider-coupable » en matière criminelle.
Ce rejet, très majoritairement exprimé par les groupes de gauche, a abouti à une adoption par 357 voix contre 177. L'absence de la mesure phare du texte, le « plaider-coupable », a été dictée par une intense mobilisation des avocats et la vitalité de l'opposition, amenant Gérald Darmanin à renoncer à ce projet. Les avocats, qui craignent un affaiblissement des droits de la défense, ont salué cette suppression.
Un texte de « gestion de la pénurie »
Critiquant le projet, la gauche l'a qualifié de « gestion de la pénurie », le considérant comme une adaptation des procédures judiciaires au lieu d'accroître les ressources nécessaires au bon fonctionnement de la justice. Le soutien du Rassemblement national à cette réforme a également été un point de discorde, la députée Sylvie Josserand ayant émis des réserves sur la transition vers une « justice de transaction », pouvant transformer les principes même de la justice française.
En réponse, Gérald Darmanin a défendu son texte sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « très important pour accélérer la justice ». Il a mis en avant la création de 60 nouvelles cours criminelles départementales, qui se concentrent principalement sur les affaires de viol, face à une augmentation alarmante des plaintes dans ce domaine.
Certaines mesures, telles que l’anonymisation des magistrats dans les décisions judiciaires publiées, ont été écartées, tandis que d'autres, comme le raccourcissement des délais pour des requêtes en nullité, ont été acceptées. De plus, le projet facilite l'utilisation de techniques de généalogie génétique, permettant la consultation des bases de données de sociétés privées pour aider à l'élucidation des affaires criminelles.
La tournure des événements appelle à une vigilance accrue parmi les acteurs du monde judiciaire. Ces évolutions témoignent d'un débat nécessaire sur les moyens et les méthodes à adopter pour garantir une justice accessible, tout en préservant les droits fondamentaux de chaque citoyen.







