La cour d’appel de Paris doit se prononcer mardi sur une affaire cruciale pour Marine Le Pen, qui pourrait voir sa candidature à la présidentielle de 2027 compromise. Alors que le Rassemblement national (RN) est devenu le premier parti de France, les conséquences d'un éventuel jugement défavorable pourraient considérablement affecter ses ambitions futures.
Depuis la création du Front national (FN) en 1972, le parcours de Marine Le Pen représente l'ascension fulgurante d'une formation politique longtemps marginalisée, qui a su transformer son image et son ancrage électoral au fil des décennies. Au début, le FN peinait à recueillir même l’un pour cent des voix. En 1983, Jean-Pierre Stirbois, l’un des premiers figures du parti, obtenait 16,7 % lors des municipales à Dreux, marquant un tournant pour la reconnaissance électorale du parti d'extrême droite.
Le FN a connu une première victoire électorale significative en 1986 avec l’élection de 35 députés à l’Assemblée nationale. Cependant, le véritable choc est survenu lors de la présidentielle de 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s'est qualifié au second tour, attirant l'attention médiatique et révélant le potentiel du parti.
À partir de 2011, sous la direction de Marine Le Pen, le parti a emprunté une voie de normalisation, avec pour objectif de devenir un parti de gouvernement. En se renommant Rassemblement national, elle a tenté d'élargir son assise populaire, permettant au RN de remporter les Européennes de 2019 avec 23,3 % des voix.
Cependant, l'héritage du passé de Jean-Marie Le Pen a souvent refait surface, comme en témoigne son exclusion du parti pour des propos controversés. Malgré cela, Marine Le Pen a réussi à se hisser au second tour de l'élection présidentielle de 2017, perdant néanmoins face à Emmanuel Macron après un débat controversé.
En 2021, elle a cédé la présidence du RN à Jordan Bardella tout en préparant sa stratégie pour 2022, où elle a de nouveau subi une défaite. Néanmoins, les législatives de 2022 ont été marquées par la montée en puissance du RN, qui a obtenu 89 sièges.
Les récents développements autour de son procès pourraient toutefois tout changer. Accusée d’avoir utilisé des fonds d'assistants parlementaires de manière irrégulière, elle fait face à une possible inéligibilité qui remet en question son statut et son avenir politique. Comme le relève le journaliste Pierre Durand de France 24, "une condemnation pourrait marquer la fin d’une ère pour le RN, tant elle est liée à l’image et aux ambitions du parti".
La décision de mardi pourrait ainsi marquer un tournant décisif pour Marine Le Pen et le Rassemblement national, alors que l'échiquier politique français continue d’évoluer à grandes enjambées.







