Au tribunal correctionnel de Nice, les streamers Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, ont tenté de justifier, le 6 juillet, les violences diffusées sur leur chaîne, qui ont conduit à la mort de Jean Pormanove, connu sous le nom de JP, en direct. Lors d'un procès qui a duré près de neuf heures, ils ont soutenu que ces actes étaient des mises en scène censées divertir le public, comme l'a rapporté l'AFP.
Une mise en scène contestée
Bien que le procès ne porte pas sur la mort de JP, il a soulevé de nombreuses interrogations concernant la pertinence de la violence en ligne. Malgré la demande d'un membre de la famille de JP afin que l'affaire soit jugée par une cour d'assises, les résultats d'une autopsie ont conclu à une absence d'intervention extérieure dans son décès, le dossier ayant été classé sans suite en février dernier.
Les deux streamers font face à des accusations de violences en réunion, abus de faiblesse et diffusion d'images violentes, impliquant des humiliations infligées à JP et à Stéphane G., un homme vulnérable placé sous curatelle.
Les excès d'un divertissement
Les éléments présentés lors de l'audience ont révélé que la chaîne diffusait des contenus qui exploitaient les colères de JP, transformées en spectacles quotidiens entre 2023 et 2025. Les techniques de divertissement incluaient gifles, coups de pied, jets d'œufs et humiliations répétées. Naruto a justifié cette approche en la comparant à une œuvre de fiction, soutenant que l'ensemble se déroulait dans une bonne ambiance.
Inspirations discutables
Le streamer a affirmé s'être inspiré d'émissions connues telles que "Jackass" et les premières émissions de Cyril Hanouna, indiquant que leur succès sur les réseaux sociaux était indéniable. "Nous remplissions le stade de Monaco et attirions jusqu'à 80 000 vues", a-t-il déclaré, ignorant les conséquences tragiques de leurs actes.
Des regrets tardifs
De son côté, Safine a adopté une posture plus réfléchie, affirmant éprouver des regrets profonds et un certain dégoût pour leurs actions passées. Malgré cela, les streamers n'ont pas changé leur approche après des allégations de maltraitance en 2025, avec JP assurant qu'il ne se sentait pas victime.
La mort tragique de Raphaël Graven, en août 2026, alors qu'il était en direct, a provoqué une onde de choc au sein de l'opinion publique française. Les streamers, d'une certaine manière, se sont retrouvés au centre d'un débat sur la moralité et les responsabilités des créateurs de contenu en ligne. Naruto a exprimé sa frustration face au traitement médiatique de l'affaire, se décrivant comme un meurtrier aux yeux du public.
Une enquête est toujours en cours à Paris pour examiner le rôle de la plateforme Kick et les pratiques de financement en rapport avec ces contenus. Les témoignages et le procès soulèvent des questions cruciales sur la manière dont les réseaux sociaux façonnent et parfois déforment notre rapport au divertissement et à la violence.







