Après une condamnation l'ayant frappée d'une inéligibilité de cinq ans, Marine Le Pen pourrait se retrouver à nouveau dans la compétition pour l'Élysée. La question demeure : pourra-t-elle remonter sur le ring pour une quatrième fois, ou Jordan Bardella, son protégé, devra-t-il porter le flambeau ? Les deux scénarios sont sur toutes les lèvres.
La situation actuelle découle de la reconnaissance, en mars 2025, de Marine Le Pen comme coupable de détournement de fonds publics dans le cadre d'une affaire d'assistants parlementaires. Le préjudice, évalué à 2,9 millions d'euros par le Parlement européen, a pris des développements qui ont choqué le paysage politique français. Selon les magistrats, Le Pen est désignée comme "au centre" d'un "système organisé" allant au cœur du parti.
Un élan de contestation au sein du RN
Le verdict du tribunal a provoqué une onde de choc au sein du Rassemblement national. Une députée RN a exprimé son désarroi, qualifiant le verdict de "pire des options" et de "violence" inacceptable pour le mouvement. L'inéligibilité, qui frapperait le parti à un moment aussi délicat, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour leur stratégie électorale.
"C'est un virage dangereux pour notre mouvement. Nous devons rester unitaires et déterminés," a déclaré un cadre du RN, soutenu par des personnalités influentes telles que le sénateur Stéphane Ravier.
Ce dernier a d'ailleurs précisé que de tels coups n'empêcheraient pas Marine Le Pen de redoubler d'énergie, un sentiment partagé au sein du parti. Cependant, la candidature de Bardella, souvent perçue comme un plan B, commence à se faire entendre, tandis que les débats sur la réforme des retraites parfois opposent les deux leaders sur des questions de priorité.
Préparations pour l'inévitable
Dans ce contexte tumultueux, les membres du RN se projettent déjà vers les municipales de l’année prochaine, espérant récupérer des villes stratégiques comme Toulon et Nîmes. L’espoir se nourrit d'un soutien électoral toujours en tête dans les sondages, malgré les craintes liées à l'inéligibilité de Le Pen.
En attendant, le débat sur la candidature de 2027 s’accentue. "On espère que la cour décidera de faire droit à notre appel. Si ce n'est pas le cas, nous devons envisager d'autres scénarii," a confié un député. Pour le moment, la volonté est d’avancer et de se rassembler autour de la lutte, comme en témoigne la pétition de soutien lancée par Bardella : "Sauvons la démocratie, soutenons Marine".
Une dynamique de mobilisation
Dans un cadre moins formel, le mouvement continue de s’organiser. Une mobilisation pacifique a été organisée près de l'Assemblée nationale, dans le but de démontrer la force du RN malgré les vents contraires. Même si le public présent était moins nombreux qu’attendu, la solidarité au sein des membres et leur engagement restent palpables.
Jordan Bardella, jeune président du RN, a déclaré devant les médias : "Nous sommes unis, et nous continuerons à nous battre pour Marine, quelle que soit l'issue." Un message qui montre la détermination du parti, dans un contexte où chaque décision judiciaire pourrait faire pencher la balance dans un sens ou un autre, avec l'évocation d’un procès en appel déjà évoqué pour 2026.
En conclusion, la situation de Marine Le Pen et du Rassemblement national est plus que jamais incertaine. Les choix qui se présentent à eux, entre appel et préparation électorale, sont d'une importance cruciale pour l'avenir du parti et pour le paysage politique de la France à venir.







