Même les festins collectifs prennent une tournure politique. Dans une vidéo publiée par Futur et relayée sur X, Sandrine Rousseau s'attaque aux banquets du Canon français, ces événements festifs où des milliers de convives se rassemblent autour de longues tables, savoureux produits locaux, vin et chansons populaires.
« Ils consomment du porc, et cela ne semble pas considéré comme antisémite ? C'est étrange », remarque la députée, ajoutant : « C'est jugé islamophobe, mais ça passe […] je suis très surprise. »
Rousseau dépeint ces banquets non pas simplement comme des repas, mais comme un symbole d'exclusion. Pour elle, la présence proéminente du porc représente un problème pour ceux qui, pour raisons religieuses, ne peuvent en consommer. Ce qui est présenté comme une convivialité par les organisateurs devient, dans son discours, une forme de discrimination.
Pourtant, les organisateurs du Canon français affirment avoir une ambition tout autre : célébrer le terroir et l'esprit communautaire. Depuis plusieurs années, leur concept connaît un succès sans précédent, se traduisant par de vastes tablées animées par des chansons traditionnelles et une ambiance festive. Ainsi, à Colmar, le 30 mai dernier, malgré les controverses, plus de 3 500 personnes se sont réunies autour d'un banquet alsacien, défiant les appels à l'annulation et bénéficiant d'une sécurité renforcée.
Pour Sandrine Rousseau, le @CanonFrancais serait non seulement islamophobe mais aussi antisémite : preuve en est, ils… consomment du porc.
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) 22 juin 2026
Ces rituels alimentaires suscitent désormais des tensions au sein de la gauche. Avant Rousseau, la députée LFI Sarah Legrain avait déjà provoqué une polémique en accusant le gouvernement de laisser les banquets du Canon français répandre la terreur. La droite a réagi avec véhémence à ce commentaire, voyant un écart alarmant entre l'image festive et le vocabulaire employé.
Chaque banquet semble maintenant élaborer un procès d'intention : le porc ? Trop identitaire. Le vin rouge ? Trop conventionnel. Les refrains populaires ? Trop nostalgiques. Les drapeaux tricolores ? Trop problématiques. En quelques mois, le Canon français s'est mué en un nouveau champ de bataille au sein de la guerre culturelle.
Une récente prise de parole de Sandrine Rousseau illustre encore cette tendance au sein de l'écologie politique contemporaine : transformer des gestes quotidiens en enjeux idéologiques. Après les barbecues jugés trop virils et les steaks rebaptisés en « cadavres d'animaux », voici les banquets du terroir accusés de véhiculer un message d'exclusion. À ce rythme, peu d'éléments de notre quotidien pourraient rester gratuits de sous-entendus politiques.
Malgré sa volonté affichée de rester apolitique, le Canon français subit d'ores et déjà l'intrusion des enjeux politiques. Ironiquement, plus les organisateurs promeuvent une atmosphère festive, plus leurs adversaires en perçoivent une menace.







