Marine Tondelier, la dirigeante des Écologistes, défend l'idée d'une primaire de la gauche pour les présidentielles de 2027, mais se retrouve sous pression face à une contestation croissante. Des figures emblématiques comme Yannick Jadot et Sandrine Rousseau s'opposent à sa stratégie et pourraient même être menacées d'exclusion.
Le bureau politique du parti a prévu une consultation des militants début juillet pour discuter de cette primaire tant attendue. Pourtant, les tensions s'intensifient. Tondelier, qui a toujours souhaité maintenir l'union de la gauche, évoque la nécessité de faire appel à Olivier Faure, le leader du Parti socialiste. Néanmoins, Faure lui-même est embourbé dans ses propres luttes internes et peine à apporter des réponses claires à la communauté.
Le climat actuel est décrit comme « paralysant » par plusieurs membres du parti. Tondelier, ancienne médiatrice entre les différentes tendances politiques de gauche, se heurte à des critiques de la part de ses collègues qui lui reprochent d'avoir échoué à rassembler les forces belligérantes de la gauche.
« Tout ce que nous pouvions faire pour soutenir la primaire, nous l'avons fait », explique Tondelier, tout en pressant les socialistes de prendre leurs responsabilités. Des sources proches de Tondelier affirment qu'une majorité des électeurs écologistes souhaitent voir une candidature directe de leur leader.
Une primaire ou une candidature autonome ?
Alors que plusieurs membres du Parti socialiste et de La France insoumise s'organisent en prévision des élections, les voix au sein des Écologistes s'opposent de plus en plus. Si certains membres plaident pour une participation à une primaire conjointe, d'autres, comme Raphaël Glucksmann, n'envisagent pas cette option et mettent l'accent sur des campagnes indépendantes. Le jugement de Jadot, qui trouve Glucksmann « le meilleur choix à gauche », sonne comme un appel à la division plutôt qu'à l'unité.
« Tondelier doit comprendre qu'il n’y a pas de place pour l’ambiguïté face à un rival comme Jean-Luc Mélenchon », déclare un commentateur politique. Mais des voix s’élèvent aussi pour défendre la stratégie de Tondelier, qui a déjà rehaussé des thématiques comme la lutte contre l'isolement et la sécurité alimentaire dans ses discours.
Les menaces d'exclusion pèsent sur le parti
Les tensions internes s'intensifient alors que des sanctions, voire des exclusions, sont envisagées pour Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Une motion adoptée récemment par la direction vise à maintenir une discipline de parti stricte. Les opposants à Tondelier, quant à eux, dénoncent une purge au sein des Écologistes et appellent à un conseil fédéral extraordinaire pour discuter d'une stratégie unifiée.
« Beaucoup pensent que si nous n’atteignons pas les 5% aux élections, cela pourrait sonner la fin de notre parti tel que nous le connaissons », met en garde un élu.
La dynamique interne des Écologistes se retrouve dans un état d'incertitude grandissant alors que la présidentielle de 2027 approche, laissant présager un défi considérable pour sa présidente Marine Tondelier.







