Hervé de Lépinau, nouveau maire de Carpentras, fraîchement élu en 2026, a fait parler de lui en retirant la subvention municipale destinée au Planning familial. Ce choix soulève des interrogations, d'autant plus que lors de son précédent mandat en tant que conseiller départemental du Rassemblement National du Vaucluse, il avait qualifié l'avortement de comparable à la Shoah.
La question que soulève cette décision est claire : que peut-on attendre d'un élu aux prises de positions aussi fermes qui, en 2020, comparait l'avortement à des génocides historiques sur les réseaux sociaux ? Sur ce sujet, Hervé de Lépinau s'est attelé, le 5 juin dernier, à voter pour la suppression d'un soutien, pourtant modeste, de 3 000 euros à l'association qui œuvre pour la contraception, l'avortement et l'éducation à la sexualité.
Pour expliquer cette décision, la mairie évoque d'une part « la situation budgétaire calamiteuse de la ville, héritée de l’ancienne majorité », mais elle met aussi en avant les oppositions politiques du Planning, qui serait, selon le maire, en dehors de ce qu'il appelle les « lignes rouges ».
Un avant-goût du RN au pouvoir ?
Anne-Lise Nadaud, présidente de l'antenne Vaucluse du Planning, a confirmé qu'elle ne s'attendait pas à moins de la part du maire. « On se trouve en plein combat d'idées ; leurs valeurs sont fondamentalement contraires aux nôtres », a-t-elle déclaré à l'AFP, exprimant ses préoccupations face à l'ascension du RN. En effet, cette décision remet en question les fondements de la politique familiale, du droit à l'avortement et de l'éducation à la sexualité dans d'autres communes sous l’influence de l'extrême droite.
De nombreuses voix s'élèvent pour faire part de leurs inquiétudes, notamment celles d'experts et d'activistes qui craignent des répercussions inquiétantes si des figures comme Jordan Bardella ou Marine Le Pen arrivaient à la tête de l'État en 2027. Un climat chaque jour plus tendu et révélateur des luttes à venir pour préserver les droits sociaux en France.







