La célébration du trentième anniversaire du premier lâcher d'ours slovènes dans les Pyrénées a suscité un vent de colère en Ariège. La chambre d'agriculture de l'Ariège a qualifié cet événement d'« infamie », dénonçant l'inauguration d'une statue prévue par l'association Adet - Pays de l'Ours à Arbas. Cette manifestation symbolise la promotion d'une politique de réintroduction de l'ours qui divise profondément la région.
La chimie des émotions était palpable le vendredi 22 mai, un jour avant l'inauguration. L'ASPAP (association pour la sauvegarde des animaux de pâturage) a également exprimé sa vive opposition, la qualifiant d'acte d'« indécence profonde ». L'association rappelle que depuis trois décennies, le retour des ours a engendré des répercussions désastreuses sur les éleveurs et leurs bétails.
Pour faire entendre leur voix, des éleveurs et montagnards des vallées pyrénéennes prévoient de se rassembler à l'entrée d'Arbas, armés de cloches pour illustrer la colère et la frustration d'une montagne trahie. L'ASPAP évoque des chiffres alarmants, affirmant que sur 130 ours relâchés, 80% peuplent désormais l'Ariège, entraînant des dommages significatifs pour les éleveurs.
Les revendications de l'ASPAP sont claires : arrêt définitif du plan ours, évaluation indépendante des dommages depuis 1996, et mise en fin des subventions aux associations pro-ours. Philippe Lacube, président de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège, dénonce le symbole que représente cet anniversaire : "Il y a ceux qui célèbrent, et ceux qui souffrent. Combien d'animaux sacrifiés et combien de familles affectées ?"
L'ASPAP, de son côté, affirme que cette célébration s'inscrit comme "un coup de poignard supplémentaire". En réponse, Alain Reynes, directeur du “Pays de l'Ours”, souligne que le nombre de prédateurs a diminué ces dernières années, renseignant que les denrées agricoles ne sont plus aussi souvent le but des ours.
Néanmoins, cette statistique ne rassure guère les éleveurs. Chaque incident de prédation est un drame pour eux. La Chambre d'Agriculture entend faire entendre sa voix lors de l'inauguration, promettant une forte présence en signe de résistance contre la réintroduction des ours.
La lutte entre tradition pastorale et réintroduction de l'ours reste donc largement d'actualité au cœur des Pyrénées, marquant ainsi une ligne de fracture dans cette région riche en histoire et en culture.







