La décision de la mairie de Vierzon, ville du Cher, de ne pas organiser la commémoration de l'abolition de l'esclavage représente une première en dix ans. La municipalité mise sur des raisons budgétaires et un manque d'engouement des citoyens pour justifier son choix.
"La liste des 12 journées commémoratives nationales ne comprend pas cette journée dédiée à l'esclavage", a déclaré Yves Husté, maire-adjoint Les Républicains (LR) et délégué à la mémoire et aux anciens combattants, à l'AFP. Notons que cette journée a été instituée par un décret de Jacques Chirac en 2006, incitant chaque préfet à organiser une cérémonie.
Des raisons économiques et un désintérêt local
Pour justifier cette désinvolture rappelée par le député, le maire-adjoint a observé que "personne ne se présentait" aux commémorations passées, au point d'affirmer qu'il s'agissait d'un fait historique sans lien avec le présent. Les préoccupations financières de la ville, frappée par une dette de 32 millions d'euros et près de 2,5 millions d'euros de factures en souffrance, rendent la situation encore plus délicate.
"Nous devons dénicher des économies pour éviter la mise sous tutelle et nous explorons toutes les options", a-t-il ajouté. Les coûts liés à la cérémonie de cette année auraient atteint 1.500 euros, dépense que la municipalité n’a pas jugé prioritaire, comme le rapporte Ici Berry.
Cérémonie alternative organisée par le député
Face à cette annulation, le député communiste du Cher, Nicolas Sansu, a rapidement planifié une cérémonie comprenant dépôts de fleurs, discours et lectures de poèmes.
"Ce n’est ni un oubli, ni une volonté de faire des économies, mais bien la volonté de flatter les franges les plus racistes de l’électorat d’extrême droite", a écrit le député sur ses réseaux sociaux.
Pour sa part, Yves Husté a reconnu la sensibilité autour de cette journée tout en affirmant qu'il n'avait pas entravé l'événement organisé par l'ancien maire. Un choix stratégique alors que la nouvelle municipalité, majoritairement d'extrême droite, a pris les rênes de cette ville historiquement ancrée à gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En mars, la candidature de Yannick Le Roux, rassemblant des élus RN et Reconquête!, avait attiré 47,87% des voix.







