L’échéance présidentielle s'approchant rapidement, le baromètre mensuel Verian réalisé pour Le Figaro Magazine met en lumière la montée du Rassemblement National (RN) dans un paysage politique de plus en plus fragmenté. Le niveau de défiance à l’égard du président Emmanuel Macron atteint des sommets alarmants.
Selon les résultats de ce sondage effectué entre le 24 et le 27 avril 2026 auprès de 1 000 personnes, Macron ne bénéficie que de 18 % de confiance, tandis que 78 % expriment leur défiance. Bien que cette évolution soit timide par rapport au mois précédent, la tendance générale montre une érosion persistante de sa popularité depuis son arrivée au pouvoir en 2017. Maintenant, il ne persuade qu'une infime minorité, avec seulement 4 % de soutien parmi les sympathisants du RN et 9 % chez les électeurs de droite.
Le RN en position dominante
La surprise majeure du sondage est la consolidation du RN, dont le leadership est incarné par Jordan Bardella et Marine Le Pen. Bardella est perçu comme l'une des personnalités d'avenir, recueillant 41 % d'opinions favorables, alors que Marine Le Pen suit de près avec 36 %. Ces deux figures parviennent à élargir leur base électorale, où Bardella atteint 83 % de soutien auprès des électeurs d'extrême droite et même 46 % chez les électeurs de droite plus modérés.
Cette dynamique de popularité contraste fortement avec celle de la droite traditionnelle, qui peine à s'affirmer. Des figures comme Édouard Philippe stagnent, alors que Bruno Retailleau et Gérald Darmanin voient leur cote plafonner à 23 %. L'ancien élu Éric Ciotti décroît à 21 %, tandis que Xavier Bertrand reste sous la barre des 20 %.
Une gauche fragmentée et inaudible
Parallèlement, la gauche se retrouve dans une situation de dispersion. Raphaël Glucksmann est en tête des figures de gauche, mais atteint à peine 19 %. Des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon et François Hollande se retrouvent dans les limbes avec moins de 20 %. En pleine crise de confiance, aucun leader n’est en mesure de rassembler un large soutien autour de thématiques pourtant cruciales, tels que le pouvoir d'achat et l'immigration.
Le retour des anciens
Un phénomène moins apparent mais révélateur est le retour sur le devant de la scène des anciens dirigeants politiques. Dominique de Villepin et François Bayrou grimpent à respectivement 18 % et 14 %. Même si leur remontée est limitée, elle témoigne d’un intérêt pour des alternatives plus expérimentées face à un paysage politique radicalement transformé par la montée du RN.
Dans cette conjoncture électorale, il est crucial de se demander si le paysage politique français se dessine véritablement autour du Rassemblement National, ou si la défiance envers les figures actuelles pourra inciter une prise de conscience au sein de la gauche et de la droite traditionnelle.







