«Je ne me plierai jamais à ce chantage qui consisterait à éradiquer des éléments essentiels. » C'est ce qu'a affirmé ce lundi Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, lors d’une interférence médiatique sur RMC. Le député UDR, face aux critiques de certains membres de l'Assemblée, a annoncé qu'il ne renoncerait pas avant le vote crucial qui décidera de la publication de son rapport.
Des voix de gauche et du centre ont exprimé leur mécontentement concernant le ton employé dans le dossier, signalant des incohérences et des mensonges. La commission d’enquête se retrouve ainsi dans une situation délicate, devant trancher à huis clos à partir de 14h30 sur le sort du rapport.
Le député crie à la censure
« Ce sont des individus en désaccord avec les valeurs démocratiques qui chercheront à étouffer toute forme de vérité ! » a dénoncé Alloncle. S'exprimant dans un contexte tendu, il a affirmé sa confiance en la responsabilité des députés, soulignant que l'opinion publique, massivement, pousse pour une publication.
Ingérence de groupes influents
Alloncle a été interrogé sur les allégations de tentatives d'influence provenant de Lagardère News, rattaché à Vincent Bolloré. Il a déclaré que de telles pratiques ne sont pas nouvelles dans l'enceinte parlementaire, mais a confirmé la réception de suggestions à transmettre lors des auditions.
Vincent Bolloré, qui reste en retrait personnellement, n'est pas connu de l'élu et ne semble pas exercer une influence directe sur Alloncle.
Manœuvres et critiques autour du rapport
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a également dénoncé des tentatives d’ingérence au sein même de l’enquête, se limitant à confirmer que des allégations sombres pourraient peser sur le processus actuel.
Le rapport a été fortement critiqué par Radio France, qui a exigé une enquête sur les allégations de collusion potentielles visant à nuire à un concurrent. Des expressions de mécontentement ont aussi été relayées par Erwan Balanant du MoDem, qui a déclaré : « Ce rapport dénote un ton inapproprié et des accusations infondées. » La députée Céline Calvez a ajouté qu’elle hésitait à soutenir un document contenant des inexactitudes, bien qu'elle craigne également d'alimenter l'idée d'une censure.
À l’horizon : des mesures radicaux
Le rapport d’Alloncle, qui comprend des recommandations controversées telles que la fermeture de France 4 et de la radio Mouv’, sera voté par les 30 députés membres de la commission après de nombreux mois de débats tumultueux. Les mesures d'économies visent à réduire le budget de l'audiovisuel public de plus d'un milliard d'euros.
Pour atténuer les tensions, le président de la commission a proposé de maintenir accessibles les vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux, en veillant ainsi à une transparence accrue face aux citoyens.







