Invité du « Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat », Thierry Breton, ancien commissaire européen, a souligné l’urgence d’un retour à une rigueur budgétaire stricte. Alors que les prix du pétrole continuent de flamber, il a mis en lumière les bénéficiaires de la crise énergétique, notant qu’en réalité, l’État ne récolte qu’un surplus fiscal modeste, estimé entre 150 et 250 millions d'euros. "Il n’y a pas les milliards que l’on pense", a-t-il déclaré lors de l’émission.
Breton a remis en question les idées couramment évoquées, telles que la baisse de TVA, qui coûterait entre 13 et 15 milliards d'euros. Il milite plutôt pour une redistribution du surplus fiscal vers les secteurs les plus touchés : chauffeurs routiers, marins pêcheurs et agriculteurs. Cette approche vise à répondre aux besoins immédiats de ceux qui subissent le plus lourdement les effets de la crise.
En examinant la situation actuelle, il a qualifié la crise énergétique d’artificielle, liée à des tensions géopolitiques affectant l’offre mondiale. Il juge légitime de taxer les superprofits des entreprises énergétiques, notamment des pétroliers, tout en affirmant : "Il est inacceptable que certains tirent profit d’une situation conjoncturelle et artificielle." Cette position intervient alors que plusieurs pays européens cherchent à encadrer ces superprofits, comme l’indique une analyse récente de Le Figaro.
À un peu plus d’un an des élections présidentielles de 2027, Thierry Breton veut influencer le débat national en appelant à une discipline budgétaire renforcée. Il met en exergue le fait que la France dépense 170 milliards d'euros de plus qu'elle ne gagne, entraînant une dette de 3 500 milliards d'euros. "Pourquoi serions-nous les seuls en Europe à ne pas adopter les pratiques des autres pays ? " s’interroge-t-il, insistant sur la nécessité d’une
« union sacrée » sur les questions budgétaires. Il propose d’inscrire dans la Constitution une règle d'or visant à limiter le déficit public à 1 % du PIB d'ici 2032. Bien que certaines critiques aient émergé de la part d’économistes, Breton défend son projet, arguant qu'il n’est pas synonyme d’austérité :"Avec un déficit de 1 %, cela représente 40 milliards d'euros de dépenses supplémentaires par an, combinés à une croissance, ce qui signifie 80 milliards d'euros de dépense en plus chaque année."
Enfin, Breton souligne l’importance de maintenir les engagements budgétaires pour renforcer la position de la France à l’international. "Il est impératif de passer de la théorie à l’action. Les Allemands ont su se disciplinés; nous devons en faire autant", conclut-il. Son appel résonne alors que la France s'apprête à faire face à des défis économiques majeurs, comme l’indique une récente étude de l'Banque de France.







