Des applications développées par l’ONG américaine Lantern sont devenues des alliées essentielles pour les Iraniens désirant naviguer sur Internet, malgré les restrictions imposées par les autorités depuis les récentes manifestations. Adam Fisk, fondateur de Lantern, a expliqué le fonctionnement de ces logiciels.
En Iran, la censure d’Internet se manifeste par le blocage des noms de domaine (DNS) et des adresses IP, une pratique intensifiée en période de crise, rendant l’accès à l’international extrêmement difficile pour les utilisateurs. Les experts soulignent que l'Iran adopte une approche bien plus agressive que d'autres nations dans cette répression, comme le rapportent plusieurs médias, dont Le Monde.
Pour contourner ces restrictions, des outils comme Lantern et Psiphon, qui utilisent des protocoles variés, parviennent à dissimuler les communications sous des formats standards tels que le TLS, ce qui rend plus difficile pour les censeurs d’identifier le trafic indésirable. Ces logiciels, souvent décrits par leurs utilisateurs comme des bouées de sauvetage dans une mer de restrictions, permettent à ceux qui en ont besoin de rester connectés.
Alors que de nombreux Iraniens se retrouvent sans accès direct à des plateformes comme GitHub — qui échappent cependant à la censure en raison de leur importance économique —, ils s'appuient sur des copies existantes de logiciels ou se tournent vers les mises à jour via des réseaux satellites comme Starlink, populaire pour sa capacité à fournir un accès dans les zones isolées.
Les préoccupations en matière de sécurité restent élevées. De nombreux utilisateurs se demandent si des acteurs malveillants peuvent siphonner des données personnelles. Lantern, en réponse, assure qu’aucune information personnelle des utilisateurs n’est stockée, et qu'ils effectuent régulièrement des audits de sécurité pour maintenir la confiance de leur communauté.
Financée par des utilisateurs de sa version premium ainsi que par divers fonds, dont l'Open Technology Fund, Lantern a vu son utilisation croître globalement, atteignant deux millions d’utilisateurs, une augmentation parallèle à la montée de la censure autour du monde, notamment en Russie et en Birmanie.







