Entre angoisse et espoir, les Iraniens célèbrent Norouz

Pour Norouz, les Iraniens du monde entier naviguent entre traditions et incertitudes.
Entre angoisse et espoir, les Iraniens célèbrent Norouz
©-, AFP - Des Iraniens achètent des fleurs au bazar Tajrish, dans le nord de Téhéran, le 19 mars 2026, à la veille de Norouz, le Nouvel An persan

De Téhéran à Los Angeles, en passant par Paris, la célébration de Norouz, le Nouvel An iranien, reflète des sentiments partagés d'angoisse et d'espoir. Alors que la fête la plus attendue de l'année s'approche, les Iraniens se réunissent autour de tables festives.

Cependant, l'atmosphère est lourde cette année. À Téhéran, les habitants ressentent le poids des conflits, notamment des frappes américano-israéliennes qui se sont intensifiées depuis fin février.

Amir, un Parisien d'origine iranienne, admet : "Je ne ressens pas l'esprit de Norouz cette année. Mes amis n'ont prévu rien de particulier." Les préoccupations de Hoda, une habitante de Saveh, sont semblables ; elle espère simplement que le jour du Nouvel An se déroulera sans bombardements.

La ville de Téhéran montre tous les signes d'un retour à la normale, avec des embouteillages et des commerces ouverts, mais la présence de forces de sécurité armées crée un climat de tension.

Le respect de la tradition de Norouz est également palpable parmi la diaspora iranienne. À Los Angeles, véritable bastion de la communauté, Sasha, kinésithérapeute, prévoit d'honorer la fête en accueillant des amis pour partager un plat traditionnel. "Mon cœur est lourd pour mes compatriotes, et je pense à ceux qui souffrent", explique-t-il en référence à la violence qui a frappé l'Iran récemment.

Les festivités à Los Angeles ont d'ailleurs vu plusieurs annulations en signe de respect pour la situation actuelle. Ali Nasiri, installé au Royaume-Uni, observe que bien que beaucoup ne se sentent pas en joie, le désir de célébrer perdure comme un symbole d'espoir.

Mahnaz, exilée à Paris, mélange des sentiments contradictoires : "J'ai mal pour ce qui arrive à l'Iran, mais j'espère aussi en un avenir meilleur." En raison des restrictions de communication imposées par le régime, elle craint de ne pas pouvoir joindre sa famille pour les festivités.

Zeinab, professeur à Paris, se sent tiraillée entre l'espoir et le désespoir, notant son attente d'un changement radical, tandis que le conflit semble s'intensifier. "J'avais espéré que cette guerre mènerait à une transformation, mais mes espoirs diminuent", conclut-elle.

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