L'Organisation maritime internationale (OMI) a lancé un appel jeudi pour établir "un corridor maritime sécurisé" afin d'évacuer les navires immobilisés dans le Golfe, en réaction à la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran. Cette déclaration a été adoptée par l'ensemble des États membres de l'OMI, soulignant l'urgence de la situation.
Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a déclaré à l'issue de deux jours de réunion de crise à Londres, que cette initiative revêt une importance significative : "Nous devons mettre en place un corridor humanitaire pour assurer une évacuation sécurisée des navires".
Actuellement, l'agence de l'ONU, responsable de la sécurité maritime, a estimé que près de 20.000 marins se trouvent à bord de 3.200 bâtiments dans la zone, du fait de la fermeture de cette voie maritime cruciale pour le transport des hydrocarbures, imposée par l'Iran en réponse aux frappes américaines et israéliennes.
Cette réunion a été initiée notamment par les Émirats arabes unis. Après des discussions intenses, les 40 États membres du conseil exécutif ont convenu de plusieurs propositions à mettre en œuvre pour améliorer la navigation autour du détroit, et ainsi le sort des marins bloqués. Cependant, ces décisions, bien qu'adoptées par consensus, ne sont pas juridiquement contraignantes.
- Mesures militaires -
Dans sa résolution, le conseil encourage la mise en place, de façon temporaire et urgente, d'un cadre qui pourrait se traduire par un corridor maritime destiné à permettre une évacuation sécurisée des navires et des marins. Cette annonce a été saluée par les États-Unis, dont le président a récemment appelé les pays de l'OTAN et la Chine à déployer des moyens militaires pour escorter les navires.
Avant cet appel, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon avaient exprimé, dans un communiqué conjoint, leur volonté de contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit.
La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz par l'Iran, par laquelle transite normalement environ 20 % de la production mondiale de pétrole et du gaz naturel liquéfié, a provoqué une forte hausse des prix des hydrocarbures, impactant ainsi l'économie mondiale.
- Réactions de l'Iran -
L'Iran, par le biais de cette stratégie, cherche à mettre la pression sur Washington et a récemment permis le passage de quelques navires considérés comme alliés, tout en avertissant qu'il bloquerait ceux jugés hostiles.
Les membres du conseil de l'OMI ont fermement condamné les attaques de la République islamique d'Iran contre des territoires, y compris les eaux territoriales de l'Arabie saoudite, des Émirats, du Koweït, d'Oman, du Qatar et de la Jordanie, soulignant que ces actions enfreignent le droit international.
La délégation iranienne, quant à elle, a critiqué le texte comme "partial, injuste et juridiquement déficient", soutenant qu'il condamne l'État victime tout en négligeant l'agression illégale à l'origine de la situation actuelle.
Les États membres ont également appelé à mettre fin à toutes les attaques visant les marins, à assurer leur sécurité et bien-être, à fournir des approvisionnements essentiels aux navires présents dans la région et à faciliter le relèvement des équipages.







