Le dernier rapport du Service européen pour l’action extérieure (EEAS) souligne l'escalade des opérations de désinformation qui touchent l'Europe, et plus particulièrement la France, qui se distingue comme l'une des cibles les plus vulnérables.
La lutte ne se limite plus aux champs de bataille physiques, mais s'étend désormais aux flux d’information. D'après le quatrième rapport de l'EEAS, l'Union européenne émerge comme une proie de choix pour des manœuvres d'influence orchestrées principalement par des puissances étatiques.
En 2025, plus de cent nations ont souffert de telles manipulations, les États membres de l'UE étant des cibles de prédilection. Les processus électoraux et les crises politiques sont des terrains d’entrée idéaux pour des stratégies d’influence de plus en plus sophistiquées.
La France, cible stratégique
Au sein de ce tableau, la France tient une place singulière. Avec 107 incidents signalés, elle est classée parmi les pays les plus affectés d'Europe. Ce chiffre n'est pas anodin et reflète une réalité géopolitique : en tant que puissance diplomatique et moteur de l'UE, son affaiblissement a des conséquences qui dépassent ses frontières, soutenant ainsi activement l'Ukraine.
Les opérations de désinformation ciblent principalement des figures politiques, y compris le président de la République, ainsi que les institutions régaliennes et les médias. L’objectif principal est de miner la confiance, de discréditer les leaders et d’affaiblir la parole publique, tout en cultivant la défiance envers les canaux d'information traditionnels.
La France, avec ses tensions sociales et la polarisation de son débat public, offre un terreau fertile à la diffusion de récits anxiogènes. Ces campagnes exploitent ces failles, dépeignant une image d’instabilité et de crises perpétuelles, incapable de répondre aux attentes des citoyens. L'essor des outils numériques permet également une diffusion rapide et souvent difficile à retracer de cette désinformation.
Un constat marquant réside dans l'évolution des méthodes de désinformation : près de 90 % des canaux utilisés sont masqués, reposant sur des comptes inauthentiques ou des plateformes créées artificiellement. L'intelligence artificielle accélère cette dynamique, rendant la production de contenus crédibles à grande échelle plus accessible. L’enjeu dépasse largement la simple diffusion d'un message : il s'agit de saturer l'espace informationnel.
Face à cette offensive, l’UE commence à structurer une réponse visant à passer de la réaction à la prévention. Le compte X « French Response », qui vise à combattre les informations trompeuses et à répondre aux critiques, illustre bien cette intention, ayant récemment franchi le cap des 200 000 abonnés.







