Dans son nouvel essai, Le Pouvoir des geeks, publié par les Éditions Les Arènes, le journaliste Damien Leloup examine la métamorphose d'une contre-culture autrefois marginale en un puissant levier politique, désormais convoité par les mouvements de droite radicale.
Fort d'une expérience de deux décennies au sein du journal Le Monde, Leloup livre une analyse qui dépasse les simples frontières de la sociologie des cultures numériques. Il fait le constat frappant que certains passionnés de jeux de rôle, de science-fiction ou d’informatique, tels qu’Elon Musk et Mark Zuckerberg, ont pris des rôles centraux tant dans le domaine économique que politique. J.D. Vance, actuel vice-président des États-Unis, incarne également cette transformation.
Plus qu'un simple constat, l'ouvrage de Leloup nous entraîne au cœur d'un conflit idéologique. Par l'analyse de phénomènes tels que la récupération des communautés issues du Gamergate ou la réappropriation d'éléments de l’univers de la Fantasy comme Le Seigneur des anneaux et Star Wars, il décrit une stratégie puissante visant à séduire et mobiliser les jeunes publics, souvent masculins et adeptes des nouvelles technologies.
Ce livre se distingue par sa clarté et son refus de céder au simplisme. L’auteur met en lumière les complexités et les tensions au sein des cultures geek, esquivant habilement les clichés. Bien que le foisonnement de références puisse paraître parfois dispersé, l'analyse reste robuste : la culture populaire a désormais quitté la marge pour devenir un terrain de lutte politique majeur.







