Liu Hu, journaliste d'investigation renommé en Chine, a été relâché sous caution après avoir été arrêté suite à la publication d'un article qui dénonçait la corruption de certains responsables locaux. La police de Chengdu, ville du sud-ouest du pays, a confirmé ce samedi que le journaliste, ainsi qu'un autre confrère, a retrouvé la liberté en attendant leur procès. Selon le communiqué, "l'affaire est toujours en cours d'instruction".
Bien que la police n'ait révélé que les noms de famille des deux détenus, plusieurs médias, y compris l'association Reporters sans frontières (RSF), ont annoncé qu'il s'agissait de Liu Hu et de Wu Yingjiao. Les autorités avaient indiqué que les journalistes faisaient l'objet d'une enquête pour diffusion "de fausses accusations" et "d'activités commerciales illégales".
Ce duo avait récemment publié un article en ligne pointant du doigt Pu Fayou, le secrétaire du Parti communiste du comté de Pujiang, ainsi que d'autres personnalités locales, concernant des faits de corruption. Selon la législation chinoise, les individus libérés sous caution doivent s'engager à ne pas entraver l'enquête et à se présenter à toutes convocations. Liu Hu n'est pas étranger aux controverses : il avait déjà été arrêté en 2013 pour diffamation, mais les charges avaient été abandonnées par la suite.
Des discussions ont émergé sur les réseaux sociaux sous forme de captures d'écran d'une conversation par SMS, où Liu Hu a reçu rappel d'une personne prétendant être membre de la Commission de contrôle disciplinaire de Chengdu, l'invitant à suivre les procédures légales. La situation s'inscrit dans un climat globalement défavorable à la liberté de la presse, la Chine occupant la 178e position sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse selon RSF.







