Ce mardi 27 janvier 2026, nous commémorons l'anniversaire de l'explosion de la bombe Xouthos, un événement charnière qui a marqué la fin des essais nucléaires français après près de quatre décennies. En effet, c'est sous l'atoll de Fangataufa, en Polynésie, que cette dernière détonation a eu lieu, mettant un terme à 210 essais conduits entre le Sahara et le Pacifique, de 1960 à 1996.
À l'aube de cette période, la France cherchait à renforcer sa capacité de dissuasion pendant la guerre froide. Comme l'explique un rapport du Commissariat à l'énergie atomique dans son ouvrage Essais nucléaires en Polynésie française, les essais réels étaient alors considérés comme indispensables pour développer des armes fiables et sûres.
Les débuts dans le Sahara
Initialement, c'est dans le Sahara algérien que la France a débuté ses expérimentations nucléaires à partir de 1960, notamment avec le tir de « Gerboise bleue », une bombe pesant 70 kilotonnes. Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, a souligné que l'impact de ces essais était bien plus vaste que prévu. Les rejets radioactifs ont non seulement touché le Sahara, mais se sont étendus jusqu'à des pays tels que le Maroc et le Tchad, comme le rapportent plusieurs médias algériens.
Entre 1960 et 1966, la France a réalisé une série de 17 essais dans le Sahara, mais a dû se tourner vers la Polynésie après son retrait d'Algérie. En 1963, le Centre d'expérimentation du Pacifique a vu le jour, avec des sites sur les atolls de Moruroa et Fangataufa, caractéristiques pour leur isolement et leurs conditions climatiques favorables.
Un héritage trouble
Au total, ce sont 46 essais aériens et 147 essais souterrains qui ont été effectués dans le Pacifique jusqu'en 1996. Selon un rapport de l'Assemblée nationale, ces activités ont eu des conséquences dramatiques : l'équivalent de 800 bombes d'Hiroshima ont été testées sur ces sites. Ce constat souligne les effets dévastateurs que ces essais ont pu avoir sur l'environnement et la population.
En réponse aux pressions croissantes de la communauté internationale et des groupes écologistes, la France suspend ses essais nucléaires en 1992, avant de conclure définitivement ces activités avec une dernière campagne en 1995. En 1998, la France ratifie l'interdiction totale des essais nucléaires, bien que les séquelles des précédentes activités demeurent présentes dans la mémoire collective.
En Algérie et en Polynésie, les répercussions de ces expériences continuent de se faire sentir. Selon le livre Toxique de Sébastien Philippe et Tomas Statius, plus de 110 000 Polynésiens ont souffert des effets des retombées nucléaires. Emmanuel Macron, lors d'une visite à Nouméa en 2021, a affirmé que « la nation a une dette à l'égard » de cette population.
La semaine dernière, une proposition de loi a été adoptée en commission, visant à assouplir les conditions d'indemnisation des victimes des essais nucléaires, répondant ainsi à une attente longtemps exprimée par les représentants de ces communautés.







