En pleine montée des tensions, l'Iran a exprimé, ce lundi, des inquiétudes quant à une possible intervention américaine suite à la récente répression sanglante d'un mouvement de contestation. Les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région, marquée par l'arrivée d'un porte-avions.
Alors que le pays reste coupé d'internet depuis 18 jours, le décompte des victimes continue. Selon des organisations de défense des droits humains, le bilan s’élève à près de 6.000 décès, et des enquêtes sont en cours pour évaluer d'autres possibles pertes humaines.
Donald Trump a récemment annoncé le déploiement d'une "armada" navale vers le Golfe, exerçant une pression croissante sur Téhéran. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a confirmé l'escale du porte-avions Abraham Lincoln, affirmant qu'elle vise à "promouvoir la sécurité et la stabilité régionales".
- "Qui sème le vent" -
La réaction iranienne a été ferme : "L'arrivée d'un tel navire ne changera pas notre détermination", a affirmé Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Un haut responsable militaire a également prévenu que toute menace à la sécurité nationale serait neutralisée dès ses prémices.
Il a ajouté que la concentration de forces étrangères pourrait plutôt diminuer leur sécurité, les rendant plus vulnérables. Rappelons qu'une guerre entre l'Iran et Israël a éclaté en juin 2025, à la suite d'attaques israéliennes sur des installations militaires iraniennes.
En réponse à la situation actuelle, les autorités iraniennes ont affiché à Téhéran un grand panneau anti-américain, symbolisant les tensions grandissantes, avec le slogan "Qui sème le vent récolte la tempête".
Le Hezbollah pro-iranien a organisé un rassemblement au Liban pour exprimer son soutien à l'Iran, son dirigeant Naïm Qassem affirmant qu'une guerre contre Téhéran mettrait toute la région en danger.
Les Émirats arabes unis, qui ont une base aérienne américaine à proximité de l'Iran, ont cependant précisé qu'ils n'autoriseraient pas leur territoire à être utilisé pour des attaques.
- Nouveau bilan -
Affaibli par la guerre de juin 2025, le gouvernement iranien a réagi avec une forte répression des manifestations récentes, initiées par des commerçants en réponse à la crise économique. Ces mouvements de contestation, qui ont commencé en décembre, ont atteint un point culminant le 8 janvier, représenté comme le plus grand défi pour la République islamique depuis sa fondation en 1979.
Avec l'accès à internet bloqué, l'ONG Netblocks souligne que cela vise à dissimuler l'ampleur de la répression. Hossein Rafieian, responsable de la cybersécurité, a déclaré espérer un rétablissement de l'accès, mais a reconnu que la décision ne dépendait pas de lui.
Le guide suprême, Ali Khamenei, est resté silencieux depuis le 17 janvier, menaçant les opposants de répression. Selon l'Human Rights Activists News Agency (HRANA), le bilan des personnes tuées s'élève à 5.848, tandis que l'organisation estime qu’il pourrait y avoir plus de 17.000 décès supplémentaires à vérifier.
De plus, HRANA a rapporté plus de 41.000 arrestations. Le gouvernement a conseillé aux blessés de se rendre à l'hôpital, malgré les risques d'arrestation par les forces de sécurité. Dans un contexte de tension, la télévision d'État a diffusé des déclarations de contestataires, une méthode critiquée par Amnesty International. La chaîne d'opposition Iran International avance quant à elle que plus de 36.500 personnes pourraient avoir été tuées, corroborant ses allégations par des documents classifiés.







