"Tout" est un petit mot qui se révèle complexe à accorder. Explorons ensemble ses particularités et ses exceptions.
C’est un récit riche en rebondissements que je vous présente aujourd’hui, passionnés de langue française. Cette aventure a débuté il y a quelques semaines avec un message de Myriam. Elle exprimait son agacement face à une confusion courante : beaucoup disent "on me rabat les oreilles" au lieu de "on me rebattre les oreilles". Pour mémoire, lorsque quelqu’un vous inonde de paroles, on parle bien de "rebattre les oreilles". J’avais alors promis à Myriam d’en discuter dans une prochaine chronique. "Je serai toute ouïe", m’avait-elle répondu, avant de s’interroger : "Tout ouïe, c’est TOUTE ou TOUT ?" Ce dilemme mérite donc sa propre analyse.
L’ouïe est l'un de nos cinq sens, essentiel pour percevoir les sons. Être tout ouïe signifie faire preuve d’une attention soutenue. Le terme ouïe, qui prend un tréma sur le i et se termine par un e, dérive du verbe "ouïr", un terme presque obsolète aujourd’hui, remplacé par "entendre". Cette évolution témoigne de la richesse et de la complexité de notre langue. Selon le site [Academie.fr](https://www.academie-francaise.fr), le verbe "ouïr" était parfois source de confusions, notamment à cause de sa conjugaison courte.
Et les ouïes des poissons ?
Ce sentiment d'amusement me rappelle le célèbre sketch de Raymond Devos, où il joue sur le mot "oie", le volatile apparenté au canard. "Le verbe ouïr, au présent, donne j’ois (…), plaisantait Devos. J’ois, tu ois, il oit (…). Mais qu’oit l’oie ? (…) Ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle ?" En dehors de l’invitation à "oyez braves gens" (oyez, utilisé comme l'impératif du verbe ouïr), il semble que nous ayons perdu de vue beaucoup de ce verbe, mais l’ouïe reste bien présente dans notre vocabulaire.







