Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil, a récemment dénoncé les ambitions de son homologue américain, Donald Trump, qui cherche à établir un « Conseil de paix » qu'il dirigerait. Lors d'un discours à Salvador de Bahia le 23 janvier, Lula a accusé Trump de vouloir construire une nouvelle institution internationale dont il serait le seul décideur, remettant en question l'intégrité de l'Organisation des Nations unies (ONU).
« Au lieu de vouloir réparer l’ONU, Trump propose de créer un nouveau système où il serait le seul maître », a déclaré Lula, exprimant son inquiétude face à ce qu'il qualifie de dégradation des principes multilatéraux. Il a également partagé son expérience, ayant contacté plusieurs dirigeants internationaux pour promouvoir une défense collective de l'ONU. Parmi eux se trouvaient le président chinois Xi Jinping, qui soutenait le rôle central de l'ONU, tout en évitant de discuter du nouveau projet de Trump.
Lula a précisé qu'il avait également échangé avec d'autres leaders comme Vladimir Poutine et Narendra Modi, articulant des préoccupations similaires concernant les ambitions de Trump. Sa critique s’est intensifiée lorsqu'il a abordé le projet de reconstruction de Gaza, qu'il a qualifié d'opportuniste après la destruction massive causée par des conflits récents. « Reconstruire Gaza pour y établir des hôtels de luxe après avoir causé tant de souffrances est inacceptable », a-t-il affirmé.
Un substitut des Nations unies
Donald Trump a récemment lancé son « Conseil de paix » lors du Forum économique mondial à Davos, invitant plusieurs pays à le rejoindre, une invitation que Lula a choisi d'ignorer. Selon Trump, ce conseil pourrait redéfinir les efforts mondiaux pour la paix. Cependant, des pays comme la France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont refusé de participer, exprimant des préoccupations sur la gouvernance et la compatibilité de ce conseil avec la charte de l'ONU. Antonio Costa, président du Conseil européen, a déclaré que le projet soulève des doutes sérieux sur son intégrité.
La Maison Blanche a décrit le conseil comme une initiative pionnière dans le cadre d'un plan plus large visant à mettre fin aux conflits dans la bande de Gaza. Pourtant, beaucoup s'interrogent sur l'ambition réelle de Trump, qui pourrait aller bien au-delà de la simple résolution des conflits en cours. Avec une charte qui semble viser à établir une structure parallèle à l'ONU, les enjeux de la diplomatie mondiale sont plus qu jamais en jeu, et le futur du multilatéralisme pourrait dépendre de la réponse collective des nations.







