Le 23 janvier, la Syrie a annoncé le départ des forces kurdes d'une prison où elles détenaient des membres présumés de l'organisation djihadiste État islamique (EI). Ce transfert fait suite à un accord de cessez-le-feu négocié, révélant les tensions persistantes entre les autorités kurdes et le gouvernement central de Damas.
Les Kurdes, qui avaient établi une zone autonome dans le nord de la Syrie, le Rojava, après avoir vaincu l'EI avec le soutien d'une coalition internationale, connaissent des revers face à un pouvoir central désireux de reconquérir son autorité.
Une offensive rapide, appuyée par des alliés internationaux, notamment Washington et Ankara, a permis aux nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmed Al-Charaa de reprendre le contrôle de territoires jadis sous l'administration des Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration kurde.
Le président syrien a officialisé, dimanche, un accord de cessation des hostilités. Ce dernier inclut l'intégration des institutions kurdes dans l'État syrien et la remise des provinces de Deir ez-Zor et Rakka sous le contrôle de Damas, ainsi que la gestion par le gouvernement des prisonniers de l'EI.
Des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP) ont constaté, dans la nuit de jeudi à vendredi, que des bus quittant la prison d'Al-Aqtan, escortés par des véhicules gouvernementaux, transportaient ces prisonniers vers la ville de Kobané, à la frontière turque. Ce transfert a été décrit par la télévision d'État comme le fruit de « cinq jours de négociations avec l'État syrien ».
« Éviter une escalade militaire »
Selon l'armée syrienne, « cette opération représente la première étape » vers la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu. Le ministère de l'Intérieur prendra la responsabilité de l'administration de la prison, avec l'intention d'éviter une escalade militaire dans la région. Environ 800 combattants seront ainsi transférés selon les termes de ce « protocole international ».
Récemment, des affrontements ont eu lieu entre les forces de Damas et les FDS près d'Al-Aqtan. De plus, Washington a annoncé qu'il était en train de planifier le transfert vers l'Irak de jusqu’à 7 000 prisonniers de l'EI, renforçant ainsi la dynamique de cette situation complexe.







