De nombreux parieurs se posent la question suivante : l'intelligence artificielle (IA) peut-elle améliorer les probabilités de gains sur les courses de chevaux ? Malgré des volumes de données de plus en plus importants qu’elle collecte, les résultats sont encore incertains. Nous avons réalisé un test pour en savoir plus...
Quel parieur n'a pas un jour espéré que l'intelligence artificielle pourrait affiner ses pronostics pour le quinté ? Bien que cela semble peu probable dans l'immédiat, il demeure envisageable que l'IA puisse y parvenir dans un futur proche. Selon David Deschamps, responsable technique digital chez Equidia, "l’IA a la capacité d'apprendre de ses erreurs et d'optimiser son fonctionnement pour offrir des prédictions meilleures".
Pour mettre cette théorie à l'épreuve avant le Prix d’Amérique, nous avons demandé à l'IA de Google, Gemini, de générer trois combinaisons de chevaux pour le Prix de Belgique, le 11 janvier 2026. Les résultats furent les suivants : 9-2-11-4-12, 11-9-13-10-5 et 2-11-4-7-3. La dernière combinaison, offrant les cotes les plus élevées, semblait prometteuse. Gemini a même ajouté un conseil : "Ne manquez pas le 9, Frank Gio, qui a montré une fin de course impressionnante dans le Critérium Continental."
Une IA satisfaite d'elle-même
Malheureusement, le résultat a été très éloigné des prévisions avec une arrivée à 2-9-7-6-4. Au mieux, l'IA avait pointé deux chevaux sur cinq. Si nous avions misé 6 €, nous serions partis bredouilles. Pourtant, lorsque nous avons interrogé Gemini après la course, il semblait plutôt satisfait. "Le Prix de Belgique a été conclu et nos critères étaient effectivement pertinents !" a-t-elle déclaré. À sa manière, l'IA a réussi à identifier les trois premiers et le cinquième cheval.
Cependant, cette méthode ne permettra pas forcément de remporter le gros lot. L'intelligence artificielle repose sur l'apprentissage automatique qui se base sur une quantité massive de données. Des outils spécialisés commencent à intégrer l'IA pour optimiser l'analyse des courses. "Chez Equidia, nous testons l'intelligence artificielle, sans encore l'utiliser de manière opérationnelle," explique David Deschamps. Sonnerie d'alarme, un des objectifs est d'aider les journalistes dans leurs analyses créatives.
Pour atteindre ces objectifs, Equidia a développé des agents IA spécifiques, chacun se concentrant sur un type de course. "Nous les nourrissons de données détaillées sur les compétitions, ce qui leur permettra d'affiner leurs performances", affirme Deschamps. Imaginez un agent IA dédié pour chaque hippodrome, recueillant des données brutes pendant que d'autres se concentrent sur l'analyse des performances.
Des êtres vivants
En théorie, les IA, ayant ingurgité des milliers de données, pourraient se révéler plus performantes que des pronostiqueurs humains. Cependant, pour Jean-Pascal Duboil, fondateur du site pari-gagnant.com, cela reste à prouver. "L'IA ne prendra jamais en compte les petites informations de dernière minute, comme l’état de forme d'un cheval ou le sentiment du driver. Les courses sont aussi une affaire d'êtres vivants," souligne-t-il.
Le débat demeure, et dans la foulée, nous avons sollicité Gemini pour suggérer une nouvelle combinaison de chevaux réservés pour le Prix d’Amérique, basée sur ceux qui se sont qualifiés. Sa sélection inclut : Iroise de la Noé, Frank Gio, Epic Kronos, Josh Power, et Inmarosa. Intriguant, car l’IA a décidé d’exclure l’un des favoris, Go On Boy, en raison d’un virus dans l’écurie. Reste maintenant à voir si cette intelligence artificielle saura s’affirmer comme prédicteur le dimanche suivant.







