Au début de l’année 2026, l’Iran se retrouve plongé dans une crise d’une gravité inédite depuis la chute du Shah en 1979. Les manifestations, lancées en décembre 2025 dans un contexte de détresse économique, ont rapidement évolué en une contestation politique ciblant le fondement même de la République islamique. Ce mouvement, qui a gagné l’ensemble des provinces, se distingue par sa diversité sociale et sa montée en radicalité, témoignant d’un profond décalage entre la population et un régime perçu comme corrompu et illégitime.
La réponse du gouvernement a suivi un modèle habituel : coupure de l'accès à Internet, immobilisation des moyens de communication, arrestations massives et vigoureuse répression par les Gardiens de la Révolution. Cependant, ces mesures ont eu l’effet inverse en intensifiant le soulèvement. Le régime, affaibli, doit aujourd'hui considérer la succession du Guide suprême Ali Khamenei, et des rumeurs circulent sur une possible fuite de son fils, Mojtaba, vers la Russie.
Les implications régionales d'une instabilité iranienne
Contrairement aux scénarios apocalyptiques souvent évoqués, l’idée d’une invasion étrangère semble peu probable. La complexité géographique et politique de l'Iran ne rend pas une telle entreprise envisageable pour les puissances militaires. Le risque réel réside plutôt dans des escalades régionales, où des acteurs tels qu'Israël pourraient intensifier leurs offensives ciblées contre des installations stratégiques iraniennes. Une escalade de tensions par proxy en Irak, au Yémen et au Liban ne peut être négligée.
Israël, par exemple, a déjà démontré sa capacité à frapper les infrastructures iraniennes, tentant ainsi d’éteindre toute menace potentielle. Des opérateurs experts plaidant pour des interventions non conventionnelles suggèrent que des frappes de ce genre seraient plus efficaces qu'une guerre à grande échelle, estiment plusieurs analystes en relations internationales. L’historien et expert du Moyen-Orient, Jean-Marc Ayrault, note que "le maintien d’un conflit fragmenté serait préférable à un effondrement total", soulignant l'argument de la stabilité régionale.
Une opportunité pragmatique pour les nations voisines
Les monarchies du Golfe, quant à elles, observent cette évolution avec une prudence extrême. Elles sont conscientes qu'un Iran fragmenté pourrait devenir une menace encore plus sérieuse qu’un voisin hostile, mais stable. Le danger d’une débâcle qui entraînerait une désintégration de l'État iranien est sur toutes les lèvres, y compris celles de plusieurs diplomates européens qui insistent sur la nécessité d'un dialogue plutôt qu'une intervention militaire.
En définitive, alors que Reza Pahlavi, le fils de l’ancien Shah, appelle à des interventions extérieures pour mettre fin à la domination des Mollahs, beaucoup s'accordent à dire que les puissances étrangères privilégieront des interventions ciblées et précises, plutôt qu'une guerre ouverte qui apporterait davantage de chaos. Une crise durable demeure dans l'incertitude, attendant peut-être que les acteurs majeurs décidant de contourner le désordre de façon à limiter les pertes.







