Dans leur ouvrage L'Épicerie du monde, les historiens Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre nous emmènent dans un voyage inédit à travers les origines des aliments. Ce livre, savoureux et érudit, explore l'évolution des pratiques culinaires et leur inscription dans une histoire sociale et culturelle riche.
Une enquête sur nos assiettes
« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Cette maxime résume parfaitement l'approche adoptée par les auteurs. Grâce à des récits captivants, chaque aliment, qu'il s'agisse d'œufs mayonnaise, de houmous ou de parmesan, se révèle être le fruit d'un parcours historique complexe. La lecture de cet ouvrage transforme notre manière de percevoir la nourriture.
Un riche héritage culinaire international
Pierre Singaravélou, rédacteur des chapitres sur le whisky et le rhum, souligne l'importance historique de ces boissons, symboles de l'impérialisme colonial. Par exemple, le rhum, né à la Barbade grâce aux esclaves, est devenu un vecteur d'identité, lié à la culture vaudoue, tout en étant aussi un outil d'exploitation. Les histoires de certains aliments, comme le Christmas pudding anglais, qui combine des ingrédients de toutes les régions de l'Empire britannique, illustrent comment la cuisine devient le reflet de l'histoire.
Identités culturelles et mondialisation
Les discussions sur des plats tels que le yaourt bulgare ou le couscous révèlent la manière dont les nationalismes se construisent autour des aliments. Ces nations, en se définissant par leurs traditions culinaires, participent à un phénomène mondial. Chaque recette, loin d'être isolée, est le résultat d'échanges culturels incessants et d'une histoire partagée.
Ce livre pose donc la question suivante : quel sera notre menu mondial idéal? Entre la salade de lato, les ceviches péruviens ou même les cocktails de gin, il illustre à quel point nos choix gastronomiques sont imbriqués dans des histoires complexes et des influences diverses.







