Delcy Rodriguez a été investie ce mardi comme présidente par intérim du Venezuela, mettant fin à une période d'incertitude après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis. Cette opération surprise a causé un lourd tribut, avec 55 militaires vénézuéliens et cubains tués, dont plusieurs hauts responsables.
La Constitution vénézuélienne prévoit un mandat intérimaire de 90 jours pour Rodriguez, une période pouvant être prolongée par l'Assemblée nationale. Au sein du parc des gouvernants, des voix comme celles de Diosdado Cabello, le ministre de l'Intérieur, et du ministre de la Défense, Vladimir Padrino, se font déjà entendre pour maintenir une ligne dure.
Le procureur général Tarek William Saab a rapporté que parmi les victimes figurent des civils innocents, et Cuba a annoncé la mort d’au moins 32 de ses agents de sécurité. Cette escalade de la violence témoigne de la fragilité du climat politique dans le pays, déjà sur le fil du rasoir.
S'exprimant depuis New York, Maduro s'est déclaré « prisonnier de guerre » et a plaidé non coupable des accusations, y compris celles de narcoterrorisme. Il se trouve actuellement en détention et doit comparaître à nouveau le 17 mars. Dans un contexte international tendu, des dirigeants tels que Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, appellent à un traitement équitable pour l'ancien président.
Pour les analystes, la nomination de Rodriguez n'est qu'un pansement sur une plaie béante. Marino de Alba, expert en politique vénézuélienne, souligne la nécessité pour le chavisme de maintenir l'unité afin de conserver le pouvoir face à des exigences de Washington de stabilisation du pays. Avec des preuves évidentes des tensions internes, la question qui se pose est : combien de temps Rodriguez pourra-t-elle tenir ce rôle dans un contexte si volatile ?
Alors que le Venezuela est aux prises avec une crise humanitaire et économique, le nouveau gouvernement doit non seulement gérer l'urgence politique, mais également répondre aux besoins pressants de la population. La gestion des ressources pétrolières, pilier de l'économie vénézuélienne, sera cruciale pour assurer une certaine continuité au sein du Chavisme, doctrine héritée d'Hugo Chavez.







