Maracaibo, Venezuela – L'industrie pétrolière du Venezuela se trouve en proie à une confusion sans précédent. Alors qu'elle doit répondre à des exigences américaines de millions de barils, la situation est exacerbée par des pétroliers immobilisés et des capacités de stockage saturées. Ce scénario soulève des inquiétudes quant à l'avenir de la production.
Dans la région de Maracaibo, berceau de la production pétrolière, peu de navires sont en activité, et la présence de la flotte américaine, y compris le plus grand porte-avion du monde, aggrave cette tension. Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, a récemment déclaré : "Ils ont du pétrole bloqué au Venezuela, et nous allons saisir entre 30 et 50 millions de barils." Des déclarations qui amplifient la pression sur le gouvernement vénézuélien à un moment où les autorités peinent à maintenir le contrôle.
Des réservoirs pleins et des navires fantômes
Le ministre américain de l'Énergie a affirmé que Washington s'impliquerait dans la commercialisation du pétrole vénézuélien pour une durée indéterminée. PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, a reconnu qu'elle négociait avec les États-Unis, évoquant un besoin de "transparence et de bénéfice mutuel". Cependant, cela met en lumière la vulnérabilité de l'industrie face à une série de restrictions.
Des sources à Zulia rapportent que les réservoirs de pétrole sont pleins, posant un risque de débordement. Certains experts, comme David Smilde de l'Université Tulane, alertent : "La situation pourrait conduire à des tensions internes si le Venezuela perd le contrôle de ses ressources." Les coentreprises, résultats de l'héritage de Hugo Chavez, sont désormais contraintes de limiter leur production en attendant que d'autres navires soient disponibles pour le transport.
Le pays, qui aspirait à atteindre une production de 3,5 millions de barils par jour, en produit actuellement un million, après une chute à 350 000 en 2020. Analysant la situation, le président Maduro doit maintenant jongler avec un héritage de sous-investissement et une flotte de "bateaux fantômes" qui continuent d'opérer malgré les sanctions.
Les compagnies pétrolières américaines, déjà intéressées, pourraient renforcer leur présence si la situation change. Entre-temps, les experts s'accordent à dire que le Venezuela, avec ses vastes réserves, n’a pas encore exploré son potentiel. Selon France 24, "le pays pourrait bénéficier d'une levée des sanctions, mais cela dépendra de nombreux facteurs géopolitiques." Les stratégies de vente au prix du marché, plutôt que par des remises, sont au cœur des préoccupations de Caracas, tandis que les États-Unis intensifient leur contrôle.
Alors que le pétrolier Nord Star, sous sanctions, continue de naviguer sur le lac Maracaibo, l'avenir de l'industrie pétrolière vénézuélienne semble de plus en plus incertain. Les développements récents indiquent que le pays se dirige vers un tournant majeur, avec des implications qui pourraient façonner sa politique intérieure et sa position sur la scène mondiale.







