La récente cyberattaque ciblant La Poste met en lumière la fragilité persistante des entreprises françaises face aux menaces numériques. Malgré une augmentation exponentielle des cybers incidents, l'investissement dans la cybersécurité demeure perçu comme trop onéreux, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (TPE/PME).
Cette attaque, survenue à peine deux semaines après une précédente, a non seulement perturbé le suivi des colis mais a également rendu hors service le coffre-fort électronique Digiposte, laissant de nombreux clients incapables de confirmer leurs paiements en ligne le 1er janvier.
Selon une étude commandée par Cybermalveillance.gouv.fr, un impressionnant 80% des entreprises ne sont pas suffisamment préparées à faire face à des attaques informatiques. Cette lacune expose ces sociétés à des risques considérables, surtout à une époque où les cyberattaques, alimentées par l'intelligence artificielle, se multiplient, deviennent plus rapides et diversifiées. Ces attaques portent des dégâts significatifs, allant du vol de données vendues sur le dark web à des opérations de déstabilisation, comme la situation actuelle de La Poste.
L'attaque par déni de service (DDoS), une méthode consistant à submerger un site internet de demandes jusqu'à ce qu'il s'effondre, semble avoir été l'arme utilisée contre La Poste. Cette agression visait à perturber la livraison de colis et à ébranler la confiance des clients envers l'entreprise.
Une hausse inquiétante des attaques
Les données de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) indiquent que le nombre des attaques DDoS a doublé en seulement un an. De plus, la guerre en Ukraine a généré une recrudescence des cyberattaques, avec des groupes de hackers, notamment pro-russes, prenant la responsabilité de plusieurs incidents, dont une des attaques précédentes sur La Poste.
En parallèle, les experts soulignent l’importance de sensibiliser les entreprises à la nécessité d’investir dans des solutions de cybersécurité adaptées. Selon un rapport de l'INSEE, la majorité des TPE/PME hésitent à faire ces investissements, souvent en raison des coûts, ignorant pourtant que le prix de la négligence pourrait être bien plus élevé.







