À l'approche des élections municipales de mars 2026, la question de la représentation féminine dans les instances politiques persiste. Reine Lépinay, coprésidente du réseau d’associations Elles Aussi, met en lumière les nombreux freins qui dissuadent les femmes de se porter candidates.
Selon une étude récente du ministère de la Cohésion des territoires, environ 70 % des couples hétérosexuels partagent les responsabilités du foyer de manière inégale, laissant aux femmes le poids des tâches ménagères et des enfants. "Cela crée un désavantage significatif, rendant difficile l'engagement politique, souvent mal rémunéré et exigeant en temps", affirme Lépinay.
Le sexisme persistant influence encore la politique, tant au niveau local que national.
Le sexisme en politique reste une réalité, particulièrement dans les zones rurales où les femmes élues sont souvent moins respectées. "Les mentalités changent lentement, mais la perception selon laquelle les femmes doivent prouver leur compétence continue d'exister", souligne Lépinay.
Le sexisme ne prend pas fin avec l'élection.
Une fois élues, les femmes se voient souvent enfermées dans des rôles traditionnels, comme la petite enfance, limitant leurs possibilités de développement de réseaux cruciaux pour une carrière politique durable. "Elles sont tout aussi compétentes que leurs homologues masculins, mais se retrouvent souvent reléguées à des secteurs moins stratégiques", ajoute-t-elle.
Cependant, des progrès sont réalisés. De plus en plus de femmes accèdent à des rôles dans divers départements comme l'urbanisme et les finances. Des études montrent qu'elles sont généralement plus minutieuses dans leur travail, un atout notable dans le domaine public, mais cela les rend également moins disponibles pour les engagements requis à long terme.
L’avenir des élections municipales, avec l'introduction de la parité dans les communes de moins de 1 000 habitants, offre de nouvelles possibilités, mais les résistances demeurent. "On a toujours entendu que c'était impossible de trouver des candidates, mais l'histoire prouve le contraire. Les femmes sont prêtes à s'impliquer, mais les circonstances les rendent hésitantes", conclut Lépinay. Avec une représentation équilibrée, les politiques publiques pourraient être transformées, répondant mieux aux besoins de la population dans son ensemble.
Pour aider à combler cette lacune, le réseau Elles aussi a récemment lancé un "Guide pratique de la candidate" pour encourager les femmes à entrer dans le monde politique lors des élections de mars prochain.







