Le 13 juillet, le Parlement hongrois a approuvé un amendement constitutionnel en 12 points, marquant la fin du mandat de Tamás Sulyok, considéré comme une « marionnette » de Viktor Orbán par le premier ministre Péter Magyar. À l’issue du vote, Magyar a déclaré avec satisfaction : « nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orbán ».
Le chef du gouvernement pro-européen, récemment élu avec une majorité écrasante, a assuré qu’il démantèlerait « brique par brique » le système illibéral de son prédécesseur, en commençant par la présidence, appelant Sulyok à démissionner à plusieurs reprises.
L’amendement a été voté avec 139 voix pour et 6 contre, lors d’un scrutin boycotté par le parti nationaliste Fidesz, qui parle de « régime autocratique ». Viktor Orbán, en visite aux États-Unis pour la Coupe du monde de football, a incité les Hongrois à « résister si le président est évincé de force ».
Départ ou destitution
Le Premier ministre Magyar a déclaré que Tamás Sulyok avait cinq jours pour démissionner ou signer l’amendement. Si celui-ci choisit de ne pas se conformer, une procédure de destitution sera lancée. L’amendement prévoit la cessation du mandat de Sulyok dès sa promulgation, suivi d’une élection parlementaire pour choisir le nouveau président. Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges du Parlement, ce qui lui permet de mener à bien ce projet.
Critiqué par des organisations de défense des droits humains, l’amendement a également suscité l’ire de Sulyok, qui a affirmé qu’il violait les principes de l’État de droit. Amnesty International a réclamé une « procédure régulière » pour Sulyok, alors que Human Rights Watch a dénoncé ces réformes comme un retour à l’ère Fidesz.
Cependant, le juriste Andras Baka, ancien président de la Cour suprême, a admis que la démarche de Magyar pourrait être justifiée si elle permettait la mise en place d’un nouvel ordre constitutionnel. « Dans un pays régit par l’État de droit, des mesures extraordinaires ne devraient pas être nécessaires, mais la Hongrie est tombée sous le contrôle des intérêts politiques », a-t-il souligné.
Sondages
Un sondage récent a révélé que 21,67 % des électeurs hongrois réclament le départ de Sulyok, qui n’était pas un personnage public avant son élection en 2024. L’amendement limite par ailleurs à trois le nombre de mandats pour les députés, affectant ainsi certains membres de l’opposition.
Le texte rétablit aussi les pouvoirs de contrôle budgétaire de la Cour constitutionnelle et fixe à 70 ans l’âge limite pour les juges, touchant le président de la Cour, Peter Polt, nommé sous Orbán. En outre, il instaure un nouvel Office national pour la protection des avoirs publics, visant à combattre la corruption, désormais systémique en Hongrie.







