Dimanche, les autorités irakiennes ont mené une opération exceptionnelle, résultant en l'arrestation de 47 responsables, parmi lesquels des députés. Cette action, rapportée par l'agence de presse nationale INA, s'inscrit dans une dynamique impulsée par le Premier ministre Ali al-Zaïdi, particulièrement avant sa visite prévue à Washington.
Conscient des conséquences dévastatrices de la corruption sur son pays, al-Zaïdi a mis la lutte anticorruption au cœur de son agenda. À quelques semaines de son invitation à la Maison Blanche, il espère redéfinir l'image de l'Irak aux yeux des investisseurs internationaux.
Les forces de sécurité ont été déployées dès les premières heures à Bagdad, y compris dans la zone verte, un secteur hautement sécurisé où résident de nombreux responsables politiques, pour procéder à ces arrestations.
Des reporters de l'AFP ont noté un dispositif de sécurité renforcé aux accès de ce quartier, avec des vidéos diffusées montrant des véhicules blindés entrant dans des complexes connus. Parmi les personnes appréhendées figurent des membres du Parlement ainsi qu’un ancien responsable du ministère du Pétrole, selon des sources officielles.
La zone verte, qui accueille aussi des missions diplomatiques, est généralement le théâtre de rencontres politiques cruciales et de décisions gouvernementales majeures.
Cette opération, qui se poursuit dans plusieurs provinces, est perçue comme une démonstration claire de la volonté d'al-Zaïdi d'éradiquer la corruption. Selon un diplomate, elle fait partie intégrante de ses préparatifs avant son déplacement à Washington.
Les arrestations s'appuient sur des aveux d'Adnan al-Joumaïli, récemment interpellé, et le défi est de taille pour le gouvernement qui, depuis plusieurs mois, voit les États-Unis exercer des pressions pour désarmer certaines factions armées, qualifiées de terroristes.
D'un autre côté, la justice irakienne a récemment saisi plus de 85 millions de dollars dans une affaire de corruption touchant le ministre déchu. Ce mouvement s’inscrit dans un cadre plus large visant à contrer également le financement des activités illégales liées aux milices soutenues par l'Iran.
Avec la visite imminente de la diplomatie iranienne, l'Irak se trouve à la croisée des chemins, naviguant entre ces puissantes influences tout en cherchant à consolider la souveraineté de son État. Ali al-Zaïdi, qui a pris ses fonctions en mai, ambitionne de redonner à l'État le contrôle sur les armes.
Le gouvernement irakien, dont l’économie a été gravement affectée par des guerres successives, a un besoin urgent de stabiliser et relancer son économie, vis-à-vis d'un contexte régional tendu. Sa première visite à l'étranger à Washington pourrait marquer un tournant décisif pour son administration.







