La Bolivie traverse une période de forte agitation politique. Evo Morales, ancien président de gauche, a affirmé mercredi à l'AFP que le pays est en proie à une 'rébellion' face à un gouvernement 'soumis' à l'influence des États-Unis. Les manifestations, qui durent depuis près d'un mois, témoignent d'un mécontentement croissant.
Morales, parlant depuis la région du Chapare, a précisé : 'C'est un gouvernement totalement soumis. Je réalise que le moment est venu de décider qui a le pouvoir : l'empire ou le peuple.' Pour lui, cette révolte s'inscrit dans une lutte contre un modèle néolibéral et un État qualifié de néocolonial.
De son côté, le président bolivien Rodrigo Paz a averti que la situation s'approche d'un 'point de rupture', alors que des appels à sa démission continuent de monter au sein de la population.
Paz, qui a mis fin à une ère de 20 ans de gouvernements de gauche, s'est rapproché des États-Unis, recevant leur soutien dans un contexte où il est accusé par son prédécesseur d'orchestration des manifestations. Morales fait face à une enquête pour une présumée affaire de traite d'une mineure, accusation qu'il rejette. Depuis 2024, il vit retranché, soutenu par ses partisans, et se dit incapable de rejoindre les manifestations en raison des accusations pesant sur lui.
Il a également dénoncé un prétendu plan des États-Unis — soutenu, selon lui, par le gouvernement Paz — visant à l'arrêter avec l'aide de la DEA et du Commandement Sud de l'armée américaine. Bien que ces allégations ne soient pas confirmées, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a souligné la nécessité de protéger les leaders démocratiquement élus.
Malgré ses dénégations, les partisans de Morales continuent de prendre part à des manifestations à Cochabamba, la situation s'intensifiant à La Paz où les barrages routiers provoquent pénuries de biens essentiels. 'C'est la faim qui pousse à la mobilisation', a déclaré celui qui fut le premier président indigène du pays.
Le Congrès bolivien a récemment abrogé une loi, permettant à Paz de déclarer l'état d'urgence. Morales a exprimé des doutes quant à la volonté du peuple de reculer face à cette crise. Empêché de se représenter aux élections de 2025 par une décision judiciaire, il a proposé la tenue d'élections anticipées, sans exprimer de désir de revenir à la présidence. 'Ce n'est plus mon heure, mais je me sens obligé de soutenir le mouvement', a-t-il conclu.







