Plus jeune premier ministre de la Ve République, Gabriel Attal a officiellement déclaré sa candidature à la présidentielle. La virtuosité de sa communication prend le pas, pour l’instant, sur des propositions politiques solides.
Par Matthieu Le Gall
Dans un petit village ensoleillé, Gabriel Attal s’est adressé à des Aveyronnais, incarnant les préoccupations des Français, révélant ainsi sa candidature à la présidence. Tout a été minutieusement orchestré pour donner une impression de proximité et de simplicité. L’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron, ambitieux trentenaire forgé en plein cœur de Paris, veut séduire par une image accessible.
Avec un sens politique aiguisé, Gabriel Attal mène sa campagne avec détermination, empruntant à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy des stratégies de communication audacieuses. Selon son entourage, c'est en investissant le terrain qu'il espère combler l'écart face à Édouard Philippe, son rival au centre-droit.
Néanmoins, ses détracteurs ne manquent pas de souligner que sa popularité sur les réseaux sociaux ne compense pas le besoin d’un programme politique concret. Le 12 mars dernier, un décret a annulé une réforme majeure issue de son mandat passé au ministère de l'Éducation, ce qui soulève des questions sur son efficacité. Par ailleurs, sa loi de simplification économique a subi une censure importante par le Conseil constitutionnel.
Le secrétaire général de Renaissance affirme qu'une campagne ne se construit pas sur un bilan, pourtant, la confiance des électeurs se base sur des actions concrètes que la communication à elle seule ne peut remplacer. Les enjeux de cette présidentielle s’annoncent ainsi plus complexes qu’ils n’y paraissent.







