Le hajj 2023 : un pèlerinage sous l'ombre des tensions au Moyen-Orient

Le grand pèlerinage à La Mecque s'ouvre dans un climat de tensions régionales.
Le hajj 2023 : un pèlerinage sous l'ombre des tensions au Moyen-Orient
©Zain JAAFAR, AFP - Des fidèles musulmans prient autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l'islam, dans le complexe de la Grande Mosquée de La Mecque, le 22 mai 2026 en Arabie saoudite, avant le pèl

Plus d'un million de croyants musulmans ont commencé à affluer vers La Mecque pour le hajj, un événement traditionnellement sacré, mais assombri cette année par des conflits latents au Moyen-Orient et un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis.

Des fidèles de diverses nationalités, y compris des Iraniens et des habitants des monarchies du Golfe, se rassembleront à partir de ce lundi. Cependant, le spectre d'une escalade militaire dans la région demeure omniprésent, notamment à cause des tensions croissantes entre l'Iran et ses voisins, suites à des attaques israélo-américaines sur Téhéran en février dernier.

En ce sens, Riyad s'efforce de maintenir une distance entre le politique et le spirituel, comme le souligne le récent bombardement d'une installation nucléaire aux Émirats Arabes Unis, qui rappelle la volatilité actuelle.

"Tout affichage politique ou sectaire, ainsi que les slogans, sont interdits durant le hajj", a déclaré un média d'État saoudien cette semaine.

Fatima, une Allemande de 36 ans accompagnée de sa famille, assure : "Nous sommes dans le lieu le plus sûr du monde, il n'y a eu aucune hésitation pour nous."

Le hajj, qui englobe plusieurs jours de rites à La Mecque et ses environs, est l'un des cinq piliers sacrés de l'islam ; tous les musulmans doivent l'accomplir au moins une fois dans leur vie, à condition d'en avoir les capacités.

D'après les autorités saoudiennes, environ 1,2 million de pèlerins ont déjà rejoint le pays, une légère baisse par rapport aux 1,6 million de l'année précédente.

- Le retour limité des pèlerins iraniens -

Le hajj a historiquement été un point de friction entre l'Iran, majoritairement chiite, et l'Arabie Saoudite, à majorité sunnite. Après la révolution islamique de 1979, des incidents tragiques tels que des bousculades meurtrières ont eu lieu, souvent attribués à des manifestations politiques de pèlerins iraniens. Le point culminant est survenu en 2015, lorsque 464 Iraniens ont été parmi les 2 300 fidèles tués dans une bousculade, une des tragédies les plus marquantes du hajj.

Aucun pèlerin iranien n'a pu participer l'année suivante, accentuant les tensions déjà exacerbées par la rupture des relations diplomatiques des deux nations, relations qui ont été rétablies en mars 2023.

Selon Umer Karim, expert en politique étrangère saoudienne, "malgré la guerre, les canaux de dialogue entre l'Arabie Saoudite et l'Iran restent ouverts".

Actuellement, environ 30 000 pèlerins iraniens sont présents sur place, une baisse significative comparée aux 86 000 prévus, à cause des circonstances de guerre.

Les tensions militaires entre les deux nations influencent également les dynamiques du hajj, surtout avec les frappes iraniennes ciblant des infrastructures saoudiennes.

- "Un rêve devenu réalité" -

Cette année, les pèlerins doivent faire face à des températures élevées pouvant dépasser les 40°C. Les autorités déploient des efforts pour adoucir cette situation en refroidissant certains bâtiments et en créant des espaces ombragés.

En 2024, plus de 1 300 pèlerins avaient perdu la vie lors d'une canicule qui avait atteint presque 52°C. Cette année, plus de 50 000 soignants et 3 000 ambulances sont mobilisés pour assurer la sécurité des pèlerins.

Malgré les conditions climatiques et les tensions politiques, les fidèles vivent des moments empreints d'émotion en se rapprochant de la Kaaba, ce symbole central de la prière dans la foi musulmane. Ahmed Abo Seta, 47 ans, témoigne : "Le Hajj, c'est le rêve de toute une vie."

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